Le 14 octobre 2026, Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a dénoncé un flou troublant : sur 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par les bailleurs internationaux pour la lutte contre Ebola, à peine plus de 200 millions ont pu être retracés en République démocratique Congo. La révélation, rapportée par RFI, relance le débat sur la transparence de l'aide internationale et sur le droit du Congo à contrôler ce qui entre et sort de son territoire.
L'écart, environ 700 millions de dollars, pose une question simple et légitime : où est passé cet argent ? Cette interrogation, posée publiquement à Kinshasa par le patron de l'agence spécialisée de santé publique de l'Union africaine, mérite une réponse claire. Le peuple congolais, premier concerné par l'épidémie, ne peut pas rester spectateur d'une gestion opaque de ressources destinées à sauver ses enfants.
Une demande de clarifications fermes mais responsables
Jimmy Kande, président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis), a appelé à des clarifications sérieuses, dans des propos recueillis par RFI.
Ces révélations sont préoccupantes et appellent à des clarifications sérieuses. Les ONG et les agences internationales doivent justifier l'utilisation de ressources reçues auprès de leurs bailleurs, mais aussi auprès de populations qui en sont bénéficiaires.
Le responsable de l'ONG invite toutefois à la rigueur face aux fausses rumeurs qui circuleraient vite sur ce sujet sensible.
Il faut néanmoins éviter les amalgames. Des fonds insuffisamment retracés ne sont pas nécessairement des fonds détournés. Ces informations semblent révéler un véritable problème de gouvernance et de coordination de la riposte.
Ce rappel est précieux. En RDC, la désinformation prospère souvent sur les terrainissimes questions de l'aide internationale. La vigilance s'impose, sans accusation hâtive. Mais la vigilance ne doit pas non plus servir d'alibi au silence. Le Congo a le droit de savoir, avec des chiffres vérifiables, comment l'argent mobilisé en son nom a été dépensé.
Pourquoi cette affaire touche à la souveraineté congolaise
Ce dossier dépasse la simple comptabilité humanitaire. Il interroge le principe fondamental de la souveraineté nationale : des ressources mobilisées au nom du peuple congolais doivent être traçables par les institutions républicaines congolaises. Le fait que les autorités de Kinshasa n'aient pu retracer qu'une fraction des sommes annoncées montre que la transparence ne peut plus être une option laissée à la discrétion des acteurs internationaux.
Jimmy Kande plaide d'ailleurs pour un mécanisme indépendant et transparent. Selon lui, il faut corriger rapidement les dysfonctionnements, établir d'éventuelles responsabilités et garantir que les ressources servent à sauver des vies.
La demande est relayée jusque dans les provinces. Selon
