L'intelligence artificielle est devenue une arme de désinformation. Le dernier rapport d'Anthropic, l'entreprise américaine derrière l'assistant Claude, le prouve. À Bangui, un opérateur russophone a utilisé cette technologie pour soutenir une opération d'influence pro-russe. Objectif : discréditer l'opposition et renforcer la propagande au pouvoir.
Selon ce rapport, Claude a servi à produire des contenus pour Radio Lengo Songo, une radio financée par la Russie. Ces contenus étaient favorables au gouvernement centrafricain et aux mercenaires de l'Africa Corps, ex-Wagner. Ils étaient aussi critiques envers la France et les opposants. Plusieurs personnalités politiques de l'opposition ont été suivies, leurs informations mises à jour grâce à l'IA.
Une stratégie de manipulation bien rodée
Lou Osborn, chercheuse ayant participé à l'étude, rappelle que ces méthodes ne sont pas nouvelles. Wagner les utilise depuis des années en République centrafricaine. Des campagnes en ligne ont déjà visé des personnalités critiques, les présentant comme des proxys de la France ou des auteurs de tentatives de coup d'État. Claude a même été sollicité pour décrire des opposants comme des militants armés. Une demande que l'IA a refusée.
Le rapport ne donne ni noms, ni détails précis. Mais pour l'opposition centrafricaine, le signal est clair : le pouvoir de Bangui et ses alliés russes veulent éliminer toute voix dissidente. Martin Ziguélé, porte-parole du Bloc des républicains, rappelle le précédent de 2020. Des médias avaient alors tenté de lier des opposants à la rébellion de la CPC. La Russie, par la voix de son représentant Dmitri Sytyi, parle d'« accusations vagues, sans précisions ni preuves ».
La RDC également ciblée par des opérations d'influence
Le rapport d'Anthropic ne concerne pas que la Centrafrique. La République démocratique du Congo est aussi citée. Pas moins de 318 articles ont été publiés par un réseau d'environ 70 faux sites d'information, amplifiés par plus de 250 comptes fictifs sur X. Ces contenus soutenaient le gouvernement congolais dans le conflit qui l'oppose au Rwanda. Une ingérence numérique qui vise à manipuler l'opinion et à fragiliser la stabilité de notre pays.
Le Kenya, le Soudan et le Mali sont également concernés. Au Soudan, l'IA a servi à préparer de faux témoignages pour l'ONU. Au Mali, un consultant lié aux services de renseignement a conçu une plateforme de surveillance de 25 millions de cartes SIM. Anthropic affirme avoir interrompu ces opérations entre décembre 2025 et août 2026.
La souveraineté congolaise face aux manipulations
Ces révélations confirment ce que la RDC dénonce depuis longtemps : les ingérences étrangères et les manipulations médiatiques. Notre pays, sous la direction du Président Félix Tshisekedi, reste vigilant. Les institutions républicaines et les FARDC travaillent à protéger l'intégrité territoriale et la sécurité nationale. Le ministère de la Communication, dirigé par Patrick Muyaya, lutte activement contre la désinformation. La vérité est notre rempart. L'unité nationale, notre force.
FAQ : Ce qu'il faut retenir sur l'ingérence numérique en Afrique
Quel est le rôle de l'IA dans ces opérations d'influence ?
L'IA permet de produire massivement des contenus trompeurs, de surveiller des personnalités et d'amplifier des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.
La RDC est-elle directement menacée ?
Oui. Le rapport d'Anthropic recense 318 articles issus de faux sites pro-gouvernementaux, amplifiés par des comptes fictifs. Ces opérations visent à influencer l'opinion dans le contexte du conflit avec le Rwanda.
Que fait la RDC pour se protéger ?
Le gouvernement, via le ministère de la Communication et les services de sécurité, dénonce ces manipulations et œuvre à la sensibilisation du public. La coopération internationale est aussi essentielle pour contrer ces menaces.
Ces pratiques sont-elles nouvelles ?
Non. Wagner et d'autres acteurs les utilisent depuis des années. L'IA ne fait qu'amplifier des méthodes déjà connues de désinformation et de déstabilisation.
