Il y a trois ans, Jonathan Bolingi frôlait la mort. Plongé dans un coma artificiel pendant près de trente jours, l'attaquant congolais s'est réveillé contre toute attente. Aujourd'hui, il renaît sportivement et signe au Jwaya SC, club de l'élite libanaise. Il raconte son calvaire, sa foi et son combat pour la vie.
Un voyage à Kinshasa, un drame silencieux
En septembre 2023, la République démocratique du Congo affronte le Soudan en éliminatoires de la Coupe d'Afrique. Jonathan Bolingi n'est pas sélectionné, mais il tient à soutenir les Léopards. Il se rend à Kinshasa, sa ville natale. Le match est une victoire, la joie est totale. Mais le drame couve.
À l'aéroport, déjà, il ressent une douleur aux poumons. La respiration devient difficile. Il rentre en Serbie, où il joue pour Vojvodina. Sur place, son état s'aggrave. Vomissements, fatigue extrême. Son chauffeur le conduit directement à l'Institut des maladies pulmonaires de Sremska Kamenica.
« En Afrique, on est habitués aux piqûres de moustiques, à la malaria. On pense que le corps va se défendre seul », confie Merveille Kabuya, son ami et responsable de ses réseaux sociaux. Mais cette fois, le corps ne suit pas.
Deux jours pour basculer dans le coma
À l'hôpital, Jonathan Bolingi fait une crise. Les médecins tentent de le réanimer. En deux jours, il passe d'une gêne pulmonaire à un coma artificiel. Sa mère, pasteur à Paris, accourt et donne son accord pour cette procédure lourde.
« Les médecins ont dit à ma maman qu'il n'y avait plus aucun espoir », se souvient-il. Le corps médical serbe, en collaboration avec des médecins congolais, tente l'impossible. Les prières de sa mère et de tout un peuple l'accompagnent.
Une rumeur de mort, une manipulation médiatique
Au Congo, l'émotion est immense. Jonathan Bolingi est un joueur apprécié. Mais la ferveur populaire dérape. Plusieurs médias locaux annoncent sa mort. Une fausse information, une manipulation de plus.
« J'ai dû publier un communiqué pour démentir. Nous avions la foi, une guérison était possible », raconte Merveille Kabuya. Il dénonce aussi une photo volée : l'ambassadeur congolais en Serbie, venu au chevet du joueur, a pris un cliché de Jonathan intubé, sans autorisation.
Cette affaire illustre un fléau : la désinformation. Au Congo, les fausses rumeurs peuvent détruire des vies, semer le doute et affaiblir la confiance dans les institutions. Le gouvernement, par la voix du ministère de la Communication, mène un combat constant pour rétablir la vérité.
Dieu a parlé, Jonathan a écouté
Pendant son coma, Jonathan Bolingi dit avoir reçu des messages divins. « Dieu m'a assuré que je reprendrais ma carrière. Il m'a même montré les couleurs de mon futur club : un maillot bleu. »
Après un mois de coma, il se réveille. Les médecins avaient déjà tenté deux réveils, sans succès. « Dieu a décidé que je devais survivre. Je méritais une seconde chance. »
La rééducation est longue. Il est faible, maigre. Mais il travaille, encore et encore. Quinze mois plus tard, il signe à Chonburi, en Thaïlande. Le club joue en bleu, comme dans sa vision. Il y marque vingt-six buts. Puis, direction le Liban.
Une infection mystérieuse, une piste d'empoisonnement
L'origine de son infection pulmonaire reste inconnue. Les médecins évoquent une piqûre de moustique. Jonathan Bolingi, lui, a un autre sentiment. « J'ai la sensation que quelqu'un a essayé de m'empoisonner. Je n'ai pas de preuve, mais je le pense. »
Merveille Kabuya confirme : « Il avait peur de certaines personnes à Kinshasa. Il pensait que du poison avait été glissé dans sa nourriture. Il ne faisait plus confiance à personne. »
Une affaire troublante, qui rappelle que la sécurité des personnes, même des sportifs, doit être une priorité nationale.
Le Standard, un regret, mais pas de rancoeur
Jonathan Bolingi garde un souvenir mitigé de son passage au Standard de Liège en 2017. Arrivé avec Christian Luyindama et Merveille Bokadi, il ne joue que six matchs. « Je voulais exploser à Liège, mais je n'ai pas eu ma chance. Je n'étais pas moins fort que les autres attaquants. »
Aujourd'hui, il se concentre sur l'avenir. « Je suis un miraculé. Dieu m'a donné une nouvelle vie. Je veux la vivre pleinement. »
Un message d'espoir pour la jeunesse congolaise
L'histoire de Jonathan Bolingi est un message d'espoir. Elle montre que la foi, le travail et la persévérance peuvent vaincre la mort. Elle rappelle aussi l'importance de lutter contre la désinformation et de protéger nos institutions.
Le Congo est un pays de résilience. Nos sportifs, nos artistes, nos citoyens portent cette force. Jonathan Bolingi en est la preuve vivante.
« Je suis un miraculé. Dieu m'a donné une seconde chance. Je ne l'oublierai jamais. »
Son combat continue. Sa renaissance est un exemple pour tous.
