Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, a été désigné le 12 octobre 2026 comme chef du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une alliance politico-militaire dévoilée à Goma, aux côtés des rebelles du M23. Selon la BBC, cette coalition affirme être prête à recourir à la force pour renverser le gouvernement du président Félix Tshisekedi, qu'elle qualifie de « tyrannie ».
L'annonce tombe au pire moment. Des médiateurs régionaux et internationaux s'emploient à mettre fin à des années de conflit dans l'Est. Pour Kinshasa, le message est clair : cette alliance ne change rien à la nature du problème. Elle le confirme.
Kabila et le M23 : une alliance qui dit tout
Le FRN remplace officiellement l'Alliance du fleuve Congo (AFC), la coalition politico-militaire dirigée par Corneille Nangaa. La nouvelle structure place Kabila à sa tête, entouré de quatre hauts responsables de l'AFC-M23. Le commandant militaire du M23, Sultani Makenga, a été nommé chef d'état-major des forces armées du front, avec rang de vice-président.
Le M23 est un groupe armé apparu en 2012, sous la présidence de Kabila lui-même. Il a repris les armes en 2021 et s'est emparé de Goma et de Bukavu en 2025. Des experts de l'ONU ont établi en 2025 que les forces rwandaises dirigent et contrôlent les opérations militaires du mouvement. Kigali nie tout soutien.
La fusion annoncée entre le leadership politique et militaire au sein du FRN lève un dernier voile. Ceux qui présentaient encore Kabila comme un simple opposant politique ne pourront plus soutenir cette lecture. L'ancien chef de l'État siège désormais au milieu de commandants rebelles.
Un parcours marqué par la rupture avec les institutions
Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019, après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi à la suite d'une élection contestée. Les deux camps ont d'abord partagé le pouvoir, avant de se brouiller.
En septembre 2025, un tribunal militaire l'a condamné à mort par contumace pour trahison et crimes de guerre liés à la rébellion. Kabila a dénoncé une procédure politique et a nié toute malversation. En avril 2026, les États-Unis l'ont sanctionné, l'accusant de soutenir le M23 et d'inciter des soldats congolais à faire défection. Le Monde
