Justice française : l'ex-manager de Johnny Hallyday condamné pour faux en écriture
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l'affaire opposant le rappeur français JoeyStarr à son ancien manager Sébastien Farran. Cette décision judiciaire met fin à un contentieux de plusieurs années portant sur des irrégularités financières présumées.
Les faits reprochés
Sébastien Farran, qui a également géré la carrière de Johnny Hallyday, était poursuivi pour des signatures imitées sur deux contrats et plusieurs chèques entre 2013 et 2014. Le montant total des transactions litigieuses s'élève à environ 75 000 euros. Ces documents concernaient notamment un partenariat avec une marque de prêt-à-porter et des mouvements financiers entre le compte de l'artiste et la société Lickshot.
Pendant l'audience, le prévenu n'a pas nié l'imitation des signatures, mais a soutenu que JoeyStarr était informé du fonctionnement mis en place. "On signait absolument tout pour M. Morville, il ne signait rien", a-t-il déclaré devant les magistrats.
Une relation de confiance brisée
Cette affaire révèle les dessous d'une collaboration professionnelle de vingt-six ans. Sébastien Farran gérait tous les aspects financiers de la vie de JoeyStarr : loyers, pensions alimentaires, frais du quotidien. Une organisation basée sur la confiance mutuelle selon l'ancien manager.
De son côté, JoeyStarr a reconnu être "parfois" au courant de certaines transactions, tout en affirmant ne pas maîtriser précisément les flux financiers. "J'étais payé de la main à la main, je ne savais pas forcément à quoi ça correspondait", a-t-il expliqué aux juges.
Le verdict du tribunal
Les magistrats ont reconnu Sébastien Farran coupable de complicité de faux en écriture. Le tribunal a estimé qu'il avait fait imiter la signature de JoeyStarr sur certains documents officiels, sans pouvoir démontrer l'accord explicite de l'artiste.
En revanche, les accusations d'escroquerie ont été écartées. Après analyse des relevés bancaires, les juges n'ont constaté aucun déséquilibre significatif au détriment de l'artiste. La situation globale apparaissait même parfois favorable à JoeyStarr.
Les sanctions prononcées
Sébastien Farran écope de 80 000 euros d'amende, dont une large part assortie de sursis. Sur le plan civil, il devra verser plus de 100 000 euros de dommages et intérêts à son ancien client, correspondant aux contrats et chèques litigieux après déduction des commissions déjà perçues.
Cette décision judiciaire clôt un chapitre douloureux d'une amitié professionnelle née dans les années 1990, à l'époque de l'explosion du groupe Suprême NTM sur la scène musicale française.