La transition énergétique mondiale repose sur le lithium, le cobalt, le cuivre et le nickel. Ces minerais sont essentiels aux technologies vertes. Mais les pays en développement qui les extraient risquent de rester de simples exportateurs de matières premières. C'est l'avertissement d'un rapport présenté lundi au Conseil des droits de l'homme à Genève.
La République démocratique du Congo refuse ce destin. Notre pays prouve qu'il est possible de transformer localement ses richesses. Le cobalt congolais en est l'illustration parfaite. Sa transformation locale a presque triplé la valeur de nos exportations. Elles sont passées de 167 millions de dollars pour le cobalt non transformé à 6 milliards de dollars en 2022. Ce chiffre parle de lui-même.
Pourquoi la transformation locale des minerais est cruciale pour la RDC
Le rapport onusien est clair : la demande en minéraux critiques devrait presque tripler d'ici 2030. Le monde abandonne progressivement les combustibles fossiles. Il se tourne vers les énergies renouvelables. L'objectif est d'atteindre zéro émission nette de dioxyde de carbone d'ici 2050.
Cette demande constitue une opportunité historique pour notre pays. Encore faut-il capter une part plus importante de la richesse générée. Aujourd'hui, la valeur ajoutée reste concentrée dans les étapes de raffinage, de transformation et de fabrication. Ces étapes se trouvent souvent hors des territoires où les minerais sont extraits. C'est une injustice qu'il faut corriger.
L'Afrique doit cesser d'être le réservoir de matières premières du monde
Le déséquilibre est particulièrement marqué en Afrique. Notre continent abrite plus d'un cinquième des réserves mondiales de métaux indispensables à la transition énergétique. Mais les technologies vertes qui en dépendent sont produites ailleurs. Les pays africains ne tirent qu'environ 40 % des revenus potentiels liés à ces minerais essentiels. L'Afrique ne représente que 1 % de la capacité photovoltaïque mondiale. Ces chiffres sont inacceptables.
Près de la moitié des États membres de l'ONU restent dépendants des matières premières. Ces dernières génèrent plus de 60 % de leurs recettes d'exportation. Cette dépendance est l'un des principaux freins à un développement réellement partagé. Le Mécanisme d'experts sur le droit au développement appelle à investir dans le raffinage, les technologies et les capacités locales.
Le codéveloppement plutôt que le transfert de technologie à sens unique
Juana María Ibáñez Rivas, Présidente du Mécanisme d'experts sur le droit au développement, a été ferme devant le Conseil des droits de l'homme. Elle a déclaré : « Cela nécessite également de passer d'un transfert de technologie à sens unique à un véritable codéveloppement, favorisant la création de valeur ajoutée au niveau national plutôt que de perpétuer la dépendance vis-à-vis de la fabrication et de l'innovation externes. »
Cette approche rejoint la vision de la RDC. Notre pays mise sur la souveraineté économique. La transformation locale de nos ressources est un pilier de cette stratégie. Elle crée des emplois. Elle augmente nos revenus. Elle renforce notre indépendance.
Quelle stratégie pour les pays du Sud riches en minerais ?
Pour les pays du Sud riches en minerais, notamment le Brésil, l'Inde et de nombreux pays africains, cette stratégie doit s'inscrire dans une approche fondée sur le droit au développement. Il s'agit d'éviter que ces pays soient relégués au second plan par les grandes puissances.
Les restrictions réciproques à l'exportation de matières premières, fin 2024 et début 2025, ont accentué les tensions sur les prix et l'accès aux ressources. Face à ces enjeux, une coopération accrue entre pays du Sud, notamment dans le cadre du G20, pourrait favoriser des réponses communes. Elle renforcerait leur capacité d'action.
La RDC est à l'avant-garde de ce combat. Notre pays défend son intégrité territoriale et sa souveraineté économique. La transformation locale du cobalt est une victoire. Elle démontre que le Congo peut être un acteur majeur de la chaîne de valeur minière mondiale. Les institutions républicaines et le gouvernement travaillent dans ce sens. Les FARDC sécurisent nos territoires pour que nos richesses profitent à notre peuple.
Face aux manipulations médiatiques et aux fausses rumeurs, il faut rappeler la vérité : la RDC avance. La diplomatie congolaise porte cette vision sur la scène internationale. Les efforts à Washington, à Doha et au sein de l'Union africaine portent leurs fruits. La souveraineté de notre pays n'est pas négociable. La transformation locale de nos ressources est la voie de notre développement.
Le rapport des Nations Unies confirme ce que la RDC défend depuis longtemps : les pays producteurs doivent bénéficier pleinement de la richesse créée par leurs ressources. Le Congo est prêt à montrer l'exemple.
