Ukraine : Le combat d'une épouse face aux coupures électriques russes
Dans un contexte de guerre qui perdure, l'histoire d'Olena Koutchynsky illustre la résilience face à l'adversité. Cette Ukrainienne de 57 ans veille jour et nuit sur son époux Anatoli, atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), dans des conditions rendues dramatiques par les attaques russes contre les infrastructures électriques.
Un défi quotidien amplifié par la guerre
Anatoli Koutchynsky, ancien agent des services secrets ukrainiens, est désormais totalement paralysé et dépendant d'un respirateur artificiel. Sa maladie, diagnostiquée en 2015, nécessite une surveillance constante et un équipement médical fonctionnant 24 heures sur 24.
Les frappes systématiques de la Russie contre le réseau électrique ukrainien ont créé une situation critique. Les coupures de courant peuvent durer jusqu'à neuf heures par jour dans la ville de Tcherniguiv, où vit le couple. "Les batteries n'ont pas le temps de se recharger", explique Olena, qui tient un journal quotidien des interruptions programmées.
Une organisation militaire face à l'urgence
Face à cette situation, Olena a développé une stratégie de survie rigoureuse. Elle programme trois alarmes quotidiennes et se réveille à chaque coupure pour basculer sur batteries. Son appartement ressemble à un poste de commandement : stocks de nourriture, désinfectants, médicaments, et un baril d'eau de 100 litres sur le balcon.
"La guerre vous apprend tout", résume-t-elle avec une détermination qui force l'admiration.
Cette organisation découle de l'expérience traumatisante de février 2022, lorsque Tcherniguiv avait été encerclée. À l'époque, le respirateur d'Anatoli n'avait que deux heures d'autonomie, contraignant Olena à supplier une ambulance militaire pour évacuer son mari vers l'hôpital le plus proche.
L'amour plus fort que l'adversité
Malgré les conseils de placer Anatoli dans un établissement spécialisé, Olena refuse catégoriquement. "Aucun professionnel ne pourra lui offrir ce genre d'amour, ce genre de soins", affirme-t-elle avec conviction.
La communication entre les époux se fait désormais par le regard, Anatoli utilisant un tableau alphabétique pour s'exprimer. Leur appartement du deuxième étage d'un immeuble soviétique conserve les souvenirs d'une vie d'avant : photos de pêche, moments dans les champs de colza.
Olena puise sa force dans l'optimisme et maintient une routine : sorties bi-hebdomadaires chez le coiffeur, manucure. "Je suis une femme, après tout", dit-elle simplement.
L'espoir d'une victoire finale
Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, Olena refuse de parler de simple survie. "Nous vivons", insiste-t-elle. Son objectif est clair : tenir jusqu'à la fin du conflit.
"Nous vivrons jusqu'à la victoire, la fin de la guerre. Alors tout le monde pourra venir nous voir. Nous dresserons une grande table. Le médecin a donné son accord. Il dit qu'il pourra prendre un petit cognac."
Cette histoire témoigne de la résistance du peuple ukrainien face aux stratégies de guerre totale, où les civils les plus vulnérables deviennent les cibles d'une agression qui ne respecte aucune limite humanitaire.