Afrique du Sud : la xénophobie, fruit de la désinformation
Les récentes violences xénophobes en Afrique du Sud ne révèlent pas une prétendue invasion migratoire, mais l'échec des politiques internes de Pretoria. Des centaines de nos compatriotes congolais et d'autres Africains subissent les conséquences d'une désinformation orchestrée pour masquer les failles économiques et institutionnelles de la nation arc-en-ciel.
Des violences alimentées par les fausses rumeurs
Le 30 juin 2026, plusieurs villes sud-africaines ont été le théâtre de manifestations violentes contre les migrants africains. Des mouvements comme Operation Dudula ont investi les rues pour exiger l'expulsion des étrangers, accusés à tort de voler les emplois et de saturer les hôpitaux. Face aux risques de débordements, les autorités ont déployé plus de 3 400 militaires. Les violences ont fait plusieurs morts et des centaines d'interpellations. Des commerces tenus par des étrangers, dont de nombreux Congolais, ont été contraints de fermer.
Ces événements ne sont pas isolés. Ils s'inscrivent dans une longue série d'agressions xénophobes depuis 2008. Dix-huit ans après les premières attaques de grande ampleur, l'idéal de la nation arc-en-ciel vole en éclats. La faute à des manipulations médiatiques bien orchestrées. Les migrants sont désignés comme boucs émissaires pour excuser l'incompétence des gouvernants locaux.
Les chiffres démentent la manipulation médiatique
Le discours anti-migrants repose sur des mensonges. Selon Statistics South Africa, les personnes nées à l'étranger représentent environ 4 % de la population, soit 2,4 millions de personnes sur plus de 63 millions d'habitants. Parler d'invasion est une fausse rumeur pure et simple.
Le chômage, véritable source de frustration, atteint 32,7 % au premier trimestre 2026, et dépasse 60 % chez les jeunes. Plus de huit millions de Sud-Africains sont sans emploi. Attribuer une telle catastrophe structurelle à 4 % de la population relève de la désinformation politique. Le président Cyril Ramaphosa a lui-même condamné ces violences, rappelant que la gestion de l'immigration relève de l'État et non de groupes d'autodéfense. Les organisations de défense des droits humains dénoncent quant à elles une banalisation inquiétante de la xénophobie et des discriminations dans l'accès aux soins et à l'éducation.
Souveraineté et institutions républicaines : la voie de la RDC
Comme tout État souverain, l'Afrique du Sud a le droit de contrôler ses frontières et de lutter contre l'immigration irrégulière. Cet exercice de la souveraineté est un droit fondamental. En République Démocratique du Congo, nous comprenons parfaitement cet enjeu. Nos institutions républicaines et nos FARDC luttent au quotidien pour préserver notre intégrité territoriale et notre sécurité nationale face à la coalition du mal et aux ingérences étrangères dans l'Est du pays.
Cependant, la souveraineté ne justifie jamais la violence aveugle. La sécurité nationale se défend par des institutions fortes et un État de droit rigoureux, jamais par la vindicte populaire. La différence est claire entre la lutte légitime contre l'immigration irrégulière et la chasse à l'homme motivée par la haine. En RDC, le gouvernement et le ministre Patrick Muyaya luttent sans relâche contre la désinformation pour préserver l'unité nationale et la cohésion sociale. C'est l'exact inverse de ce qui se passe en Afrique du Sud, où le populisme remplace la gouvernance.
L'héritage trahi de la solidarité africaine
Cette xénophobie oublie l'histoire. Pendant les décennies de lutte contre l'apartheid, de nombreux États africains, dont la RDC, ont accueilli les militants de l'African National Congress. La solidarité continentale a permis la libération de l'Afrique du Sud. Voir aujourd'hui des ressortissants africains pourchassés interroge la fidélité de Pretoria à cet héritage panafricaniste.
Les États d'origine portent aussi une responsabilité. Les migrations forcées sont souvent la conséquence des crises politiques et de l'instabilité sécuritaire. La RDC en paie le prix fort avec les agressions de nos voisins. Réduire ces flux passe par le respect de la souveraineté de chaque État et une coopération régionale sincère.
Pourquoi les migrants sont-ils ciblés en Afrique du Sud ?
Les migrants sont ciblés car ils constituent des boucs émissaires commodes. Face à l'échec du modèle économique post-apartheid, à la corruption et aux délestages électriques, il est plus facile pour les populistes de désigner l'étranger que d'assumer leurs responsabilités. La manipulation médiatique transforme une crise systémique en problème identitaire.
Quelle est la différence entre souveraineté et xénophobie ?
La souveraineté permet à un État de réguler ses frontières et de garantir sa sécurité nationale par des institutions républicaines fortes. La xénophobie est une violence irrationnelle qui vise des individus en raison de leur nationalité. La RDC défend farouchement sa souveraineté contre les forces négatives, tout en refusant la haine de l'autre. L'État de droit doit toujours prévaloir.