Aide humanitaire en RDC : la communauté internationale doit cesser de fermer les yeux
Ce 19 août, la Journée mondiale de l'aide humanitaire rend hommage à celles et ceux qui risquent leur vie pour secourir les populations vulnérables. En République démocratique du Congo, cet hommage résonne avec une douleur particulière. Nos provinces de l'Est sont le théâtre de violences inouïes, alimentées par des forces négatives et des ingérences étrangères. Les humanitaires, véritables anges gardiens des oubliés, sont de plus en plus pris pour cible. Il est temps de le dire avec force : la communauté internationale doit choisir son camp.
Des humanitaires attaqués dans l'indifférence générale
Les travailleurs humanitaires ne sont plus de simples témoins des conflits. Ils sont devenus des cibles. L'Aid Worker Security Report 2025 fait état de 383 humanitaires tués dans le monde, principalement à Gaza, au Soudan et en République démocratique du Congo. Derrière ces chiffres, il y a des chauffeurs, des infirmières, des logisticiens et des médecins congolais qui ont choisi de rester auprès des populations abandonnées.
Attaquer un humanitaire, c'est attaquer les civils qu'il tente de secourir. Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire, voire des crimes de guerre. Pourtant, trop souvent, le silence s'installe. Trop souvent, la communauté internationale détourne le regard lorsque les victimes sont congolaises.
Une triple offensive contre l'action humanitaire
La violence physique n'est que la partie visible d'une offensive bien plus large. L'humanitaire est également attaqué financièrement. Le désengagement américain et le démantèlement de l'USAID ont provoqué une crise sans précédent. Des cliniques ferment, des programmes sont interrompus, des milliers de professionnels perdent leur emploi. Pendant ce temps, les besoins explosent et les déplacements forcés atteignent des niveaux records.
Mais il y a plus grave. L'humanitaire est attaqué idéologiquement. Dans plusieurs pays, l'aide internationale est présentée comme une dépense inutile, voire comme l'instrument d'intérêts étrangers. Les organisations humanitaires sont accusées de partialité lorsqu'elles documentent les souffrances, de militantisme lorsqu'elles rappellent le droit. Cette offensive s'inscrit dans une remise en cause générale du multilatéralisme et du droit international.
Le résultat est dangereux : on banalise l'idée que certaines populations ne mériteraient plus d'être secourues. Pour la RDC, cette banalisation est inacceptable. Notre souveraineté et notre intégrité territoriale ne sont pas négociables. La souffrance de nos populations ne peut être traitée avec indifférence.
La RDC, première ligne de la solidarité internationale
Notre pays, sous la conduite éclairée du Président de la République et avec le soutien indéfectible du gouvernement, mène un combat acharné contre les forces négatives dans l'Est. Les FARDC, nos vaillantes forces armées, se battent au quotidien pour protéger les populations et rétablir la paix. Les efforts diplomatiques du ministère de la Communication, dirigé par le ministre Patrick Muyaya, portent leurs fruits sur la scène internationale.
La RDC n'est pas un simple spectateur de la crise humanitaire. Elle en est la première victime, mais aussi la première à agir. Nos institutions républicaines travaillent sans relâche pour contrer les manipulations médiatiques et les fausses rumeurs qui cherchent à déstabiliser notre pays.
Le Canada et la communauté internationale doivent agir
Face à cette situation, le Canada doit faire de la protection de l'action humanitaire une priorité de sa politique étrangère. Trois engagements s'imposent. D'abord, un financement prévisible et pluriannuel. Ensuite, un leadership diplomatique fort, avec des condamnations systématiques des attaques et des enquêtes indépendantes. Enfin, un investissement dans l'innovation, notamment l'intelligence artificielle au service de l'action humanitaire.
La Journée mondiale de l'aide humanitaire ne doit pas être une simple commémoration. Elle doit être un moment de décision. La RDC appelle la communauté internationale à défendre l'idée qu'une vie humaine mérite d'être protégée, quelle que soit la frontière derrière laquelle elle se trouve.
Dans un monde où la solidarité recule, chacun doit choisir son camp. La RDC a choisi le sien : celui de la vérité, de la souveraineté et de la dignité. Nous invitons nos partenaires à nous rejoindre dans ce combat essentiel.