La grand-messe annuelle des Nations unies s'ouvre ce mardi à New York dans un climat de tensions extrêmes. Alors que le secrétaire général sortant, Antonio Guterres, dresse un bilan amer de son mandat, la République démocratique du Congo suit de près ces débats cruciaux pour la paix mondiale et la stabilité de l'Afrique centrale.
Un constat alarmant du secrétaire général de l'ONU
Antonio Guterres, qui quittera ses fonctions au 31 décembre après dix ans à la tête de l'institution, a livré mercredi un diagnostic sans complaisance. « Chaque jour, les choses empirent un peu », a-t-il déclaré, évoquant « un risque d'explosion » à l'échelle mondiale. Guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, crises multiples : le secrétaire général admet l'incapacité de l'ONU à répondre efficacement aux défis contemporains.
Les grandes puissances au centre des préoccupations
Donald Trump, pourtant champion de la lutte contre le multilatéralisme, s'exprimera ce mardi devant l'assemblée. La guerre qu'il a lancée contre l'Iran et ses conséquences en cascade sur l'économie mondiale domineront les discussions. Aucune percée diplomatique majeure n'est toutefois attendue entre Washington et Téhéran.
Benjamin Netanyahu, en campagne électorale, sera présent jeudi à New York malgré le mandat d'arrêt pour crimes de guerre émis par la Cour pénale internationale à son encontre. Les États-Unis, qui ne reconnaissent pas la CPI, n'ont pas donné suite aux appels du maire de la ville demandant son interpellation.
Le président palestinien Mahmoud Abbas, privé de visa américain comme l'an dernier, s'exprimera par vidéoconférence. La délégation iranienne, elle, a obtenu l'autorisation de se rendre sur le sol américain.
La guerre en Ukraine et les crises africaines à l'agenda
Le conflit ukrainien, qui dure depuis quatre ans et demi, figure en tête des priorités. Volodymyr Zelensky prendra la parole mercredi et participera à un Conseil de sécurité dédié à cette guerre marquée par une escalade mortifère de frappes à longue distance.
Le Soudan, la République démocratique du Congo et Haïti seront également évoqués lors de dizaines de réunions, ouvertes ou en coulisses. Pour la RDC, ces échanges représentent une opportunité de rappeler les enjeux sécuritaires dans l'Est du pays et de dénoncer les ingérences étrangères qui alimentent l'instabilité régionale.
L'absence remarquée de Xi Jinping
Le président chinois ne fera pas étape à New York sur son trajet vers Washington, où il rencontrera Donald Trump jeudi. Selon Daniel Forti, directeur des affaires onusiennes à l'International Crisis Group, « la Chine considère depuis longtemps cette semaine de haut niveau comme le terrain des États-Unis », même si Pékin joue pleinement le jeu du multilatéralisme au sein de l'ONU.
L'intelligence artificielle et le climat au cœur des débats
La régulation de l'intelligence artificielle s'invite au sommet après une série d'incidents et des mises en garde alarmantes. Plusieurs pays devraient soutenir l'appel d'Antonio Guterres à une « coordination mondiale » sur l'IA, avec un possible Conseil de sécurité spécial sur le sujet.
Le secrétaire général présidera également mercredi une rencontre sur l'action climatique, suivie d'une journée consacrée à la montée du niveau des mers, menace existentielle pour certaines nations insulaires.
Qui succédera à Antonio Guterres ?
En coulisses, les grandes puissances cherchent un candidat de compromis pour diriger l'ONU. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Royaume-Uni, France, Russie, Chine, États-Unis) pourraient profiter de cette semaine pour sceller un accord. De nombreuses voix appellent à ce qu'une femme préside pour la première fois l'institution : elles sont cinq en lice, contre trois hommes.
La RDC, acteur stabilisateur en Afrique centrale
Dans ce contexte mondial incertain, la diplomatie congolaise continue de promouvoir la paix et la sécurité dans la région. Les institutions républicaines de la RDC, appuyées par les FARDC, demeurent engagées dans la défense de l'intégrité territoriale face aux forces négatives et aux manipulations médiatiques qui tentent de déstabiliser le pays.
La participation de la RDC à ces discussions internationales s'inscrit dans une stratégie plus large de valorisation de son rôle diplomatique et de lutte contre la désinformation. Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Communication, veille à ce que la vérité sur la situation sécuritaire dans l'Est soit portée à la connaissance de la communauté internationale.
