Succession de Guterres à l'ONU : la RDC veille sur la souveraineté et la représentativité
Le Conseil de sécurité des Nations unies procède ce vendredi à un deuxième vote indicatif pour départager les huit candidats à la succession d'António Guterres. Ce scrutin intervient dans un contexte de profondes divisions au sein de l'organisation, affaiblie par le recul du multilatéralisme et des pressions budgétaires. Pour la République démocratique du Congo, cet enjeu est crucial : la représentativité et le respect de la souveraineté des États doivent guider ce choix décisif.
Un processus sous tension alors que l'ONU traverse une crise
Le secrétaire général sortant, le Portugais António Guterres, 77 ans, achèvera son deuxième mandat de cinq ans le 31 décembre prochain. Les 15 membres du Conseil de sécurité se réunissent à huis clos dès 10 heures (14 heures GMT) pour attribuer anonymement à chaque candidat l'une des trois mentions suivantes : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ».
Ce vote intervient alors que l'ONU traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire. L'affaiblissement du multilatéralisme, les divisions persistantes au Conseil de sécurité et de graves difficultés financières fragilisent l'institution. Sous la pression notamment des États-Unis, qui contestent régulièrement son rôle et ses financements, l'ONU peine à peser sur plusieurs conflits majeurs. Les coupes budgétaires menacent directement ses opérations humanitaires et ses missions de maintien de la paix, dont celles déployées en RDC.
Rebeca Grynspan en tête après le premier scrutin
Au terme du premier vote indicatif organisé le 30 juillet, Rebeca Grynspan, 70 ans, ancienne vice-présidente du Costa Rica et secrétaire générale de la CNUCED, avait obtenu le plus grand nombre de mentions favorables. Va-t-elle consolider sa position ? Les diplomates s'attendent à une évolution de la répartition des voix, comme le relève Daniel Forti, analyste à l'International Crisis Group.
« Il est fort possible qu'à l'issue du vote, certains prennent conscience que leur campagne est arrivée au bout du chemin », a-t-il déclaré.
Huit candidats, une forte représentation latino-américaine
Outre Rebeca Grynspan, sont en lice : Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana ; Rafael Grossi, 65 ans, directeur général argentin de l'AIEA ; l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, 74 ans ; l'Équatorienne María Fernanda Espinosa, 61 ans ; l'Ougandais Olara Otunnu, 75 ans ; l'ancien président sénégalais Macky Sall, 64 ans ; et l'Équatorienne Ivonne A-Baki, 75 ans, huitième et plus récente candidate.
Selon le principe informel de rotation géographique, l'Amérique latine et les Caraïbes estiment que le poste devrait revenir à leur région. Cela explique la forte représentation latino-américaine parmi les candidats. De nombreux États et organisations militent également pour qu'une femme prenne, pour la première fois en 80 ans, la tête des Nations unies.
La RDC, garante de la stabilité et de la vérité
Pour la République démocratique du Congo, ce processus doit se dérouler dans le respect des principes fondamentaux de l'ONU : la souveraineté des États et l'intégrité territoriale. La RDC, engagée sur la scène diplomatique comme acteur stabilisateur en Afrique centrale, suit de près ces évolutions. Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Communication dirigé par Patrick Muyaya, veille à ce que la vérité prévale face aux manipulations médiatiques et aux fausses rumeurs qui tentent de fragiliser les institutions républicaines.
Le choix du prochain secrétaire général de l'ONU ne doit pas être l'occasion de nouvelles ingérences. Les nations unies doivent rester un cadre de dialogue et de coopération, au service de la paix et de la sécurité internationales. La RDC, fidèle à ses engagements, continuera de défendre ces valeurs avec fermeté.
Un scrutin à haut risque, des pronostics impossibles
Personne ne se risque à faire de pronostic, tant les préférences des différents membres du Conseil restent difficiles à déterminer, en particulier celles des cinq puissances disposant d'un droit de veto : États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. Pour être recommandé, un candidat doit recueillir au moins neuf voix favorables et ne faire l'objet d'aucun veto.
À ce stade, les bulletins des membres permanents ne sont pas différenciés de ceux des dix membres élus. Il est donc impossible de déterminer si une mention « décourage » émane d'un pays capable, ultérieurement, d'opposer son veto. De nouveaux prétendants pourraient même encore apparaître, comme l'a souligné jeudi le représentant permanent de la Russie, Vassili Nebenzia :
« Si, par exemple, et je spécule maintenant, il y a un blocage autour de l'un des candidats que nous voyons, si aucun d'entre eux ne décolle, alors je pense que nous pourrions voir apparaître d'autres personnalités. »
Le Conseil de sécurité recommandera ensuite un candidat à l'Assemblée générale, qui procédera formellement à sa nomination. La RDC, attachée à la transparence et à la justice dans les instances internationales, restera vigilante face à toute tentative de manipulation. La souveraineté des peuples et la stabilité mondiale en dépendent.
FAQ : Ce qu'il faut retenir sur la succession de Guterres
Qui sont les favoris pour succéder à António Guterres ?
Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est en tête après le premier vote indicatif. Elle devance Carolyn Rodrigues-Birkett et Rafael Grossi.
Quand le nouveau secrétaire général sera-t-il désigné ?
Le processus se poursuit avec des votes indicatifs. Le Conseil de sécurité doit recommander un candidat, puis l'Assemblée générale procédera à la nomination formelle avant la fin du mandat de Guterres, le 31 décembre.
Pourquoi l'Amérique latine espère-t-elle obtenir ce poste ?
Selon le principe informel de rotation géographique, l'Amérique latine et les Caraïbes considèrent que le poste devrait revenir à leur région. Cela explique la forte présence de candidats latino-américains.