Attention aux choux de Bruxelles avec vos médicaments anticoagulants
Les autorités sanitaires britanniques alertent sur un danger méconnu des fêtes de fin d'année. Le chou de Bruxelles, légume star de nos tables hivernales, peut perturber l'efficacité des traitements anticoagulants.
Un légume innocent qui cache un piège
La warfarine, commercialisée sous le nom de Coumadine, représente un pilier du traitement anticoagulant. Ce médicament de la famille des antivitamines K agit directement au niveau du foie. Son rôle consiste à bloquer la transformation de la vitamine K pour fluidifier le sang et éviter des complications graves comme la phlébite, l'embolie ou l'infarctus.
Le problème surgit avec le chou de Bruxelles. Ce légume constitue une véritable bombe de vitamine K. Avec environ 177 microgrammes pour 100 grammes de produit cru, il dépasse largement les apports journaliers recommandés pour un adulte, fixés à 70 microgrammes.
Des recommandations claires des experts
Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste, apporte des précisions importantes. "L'usage des antivitamines K n'induit pas une incompatibilité absolue avec le chou de Bruxelles", explique-t-il. "Toutefois, une consommation à la fois régulière et mesurée s'avère indispensable."
Cette concentration massive de vitamine K vient contrarier directement l'action du traitement. Elle peut augmenter le risque de coagulation indésirable et faire chuter l'INR, l'indicateur qui mesure l'efficacité de l'anticoagulation.
Les bonnes pratiques à adopter
Les experts recommandent une approche équilibrée :
Limitez-vous à une portion modérée de 100 à 200 grammes par semaine, idéalement répartie sur plusieurs repas.
Alternez avec d'autres légumes verts comme les brocolis, épinards ou laitue, tout en conservant des quantités stables d'un jour à l'autre.
Informez votre médecin de vos habitudes alimentaires. Un INR instable nécessite souvent un ajustement précis de votre posologie.
La règle d'or reste simple : mangez de tout, mais de façon prévisible pour que votre traitement puisse vous protéger efficacement. Une consommation irrégulière peut faire chuter votre INR et accroître le risque de thrombose.
Cette information, relayée par les autorités sanitaires, mérite d'être largement diffusée auprès des patients sous anticoagulants. La période des fêtes ne doit pas compromettre l'efficacité des traitements vitaux.