L'avocat parisien Emmanuel Pierrat renvoyé en correctionnelle pour harcèlement moral
L'avocat Emmanuel Pierrat sera jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement moral au préjudice de cinq personnes, selon le parquet de Paris. Son ancienne associée, Sophie Viaris de Lesegno, est également renvoyée pour complicité.
Des faits graves entre 2015 et 2021
Les accusations portent sur la période du 1er octobre 2015 au 31 mai 2021. Emmanuel Pierrat aurait harcelé ses collaborateurs par des "propos ou comportements répétés, excédant l'exercice normal du pouvoir de direction", selon le ministère public.
L'avocat aurait hurlé sur les victimes, dénigrant leur travail et leur tenant des propos humiliants. Ces agissements auraient dégradé les conditions de travail et porté atteinte à la dignité des employés.
Un management toxique dénoncé
L'enquête a révélé un climat délétère au sein du cabinet. Au total, 38 membres du cabinet entre 2007 et fin 2023 ont été entendus. Tous ont dénoncé un management toxique marqué par les cris, les humiliations et une tension permanente.
Cinq anciens collaborateurs se sont constitués partie civile. Un expert psychologue a constaté la dégradation de leur état de santé, entraînant des incapacités de travail de 8 à 10 jours.
L'avocat conteste les accusations
Contacté par l'AFP, Me Pierrat a menacé d'attaquer en dénonciation calomnieuse une des plaignantes. Il conteste la validité de certaines accusations et menace de poursuivre en diffamation toute "insinuation attentatoire à son honneur".
L'avocat, également romancier et collectionneur d'art, a défendu plusieurs personnalités controversées du monde de la culture.
Sanctions disciplinaires déjà prononcées
Dans une procédure disciplinaire parallèle, Me Pierrat a été condamné en appel en mars 2023 à dix-huit mois d'interdiction d'exercice, dont six mois avec sursis.
La juridiction d'appel avait reconnu un "comportement agressif, insultant et humiliant revêtant un caractère pérenne et systémique" et relevé l'absence de prise de conscience de la situation.
Une audience de mise en état pénale se tiendra le 4 février prochain.