Crise au Louvre : quelles leçons pour la gouvernance de nos institutions culturelles
Le musée du Louvre traverse une crise institutionnelle majeure qui interpelle sur la gouvernance des établissements culturels. Trois mois après un cambriolage spectaculaire, l'institution française s'enlise dans des conflits internes révélateurs.
Une mission d'enquête dans l'impasse
Le 14 décembre 2025, la ministre française de la Culture Rachida Dati avait annoncé confier à Philippe Jost une mission pour "proposer les mesures et évolutions nécessaires" au Louvre. Cette mission devait débuter en janvier 2026.
Pourtant, au 15 janvier, le haut-fonctionnaire n'est toujours pas arrivé au musée. Sa lettre de mission n'aurait pas été signée, paralysant toute intervention. Des sources syndicales confirment cette situation bloquée.
Grèves et fermetures perturbent le fonctionnement
Le musée était fermé au public lundi dernier pour cause de grève. Le mouvement social, initié le 8 décembre, se poursuit malgré une pause pendant les fêtes. Les préavis de grève sont reconduits régulièrement.
"L'ouverture du musée peut être perturbée et certaines salles rester exceptionnellement fermées", indique désormais le site internet de l'institution. Chaque journée de grève coûterait jusqu'à 400.000 euros selon les estimations.
Direction fragilisée et gouvernance questionnée
La position de Laurence des Cars, présidente du Louvre, se fragilise. Bien que sa démission ait été refusée après le cambriolage, la ministre Dati évoque publiquement un "problème de gouvernance" et menace de "prendre ses responsabilités très prochainement".
Les relations entre la direction et les syndicats restent tendues. "On a eu une dizaine de rendez-vous ministériels, mais seulement deux avec la direction depuis le dépôt du préavis de grève", déplore un syndicaliste.
Remaniements internes et tensions persistantes
Laurence des Cars a récemment écarté deux chefs de grands départements : Sophie Jugie du département des sculptures et Xavier Salmon des Arts Graphiques. Ces décisions alimentent les tensions internes.
"Il y a une telle défiance en interne que même un bon projet serait rejeté", analyse une source syndicale, illustrant l'ampleur de la crise de confiance.
Enseignements pour nos institutions
Cette crise révèle l'importance d'une gouvernance transparente et d'un dialogue social constructif dans les institutions culturelles. Elle souligne également les défis de l'autonomie de gestion face aux interventions ministérielles.
Pour la République Démocratique du Congo, ces événements rappellent l'importance de préserver l'intégrité et la stabilité de nos propres institutions culturelles, piliers de notre souveraineté culturelle et de notre identité nationale.