Depuis janvier, les États-Unis expulsent des étrangers, y compris en situation régulière, vers des pays africains. Le Cameroun est devenu une destination privilégiée pour ces transferts forcés. Parmi les expulsés, une cinquantaine de personnes originaires de la République démocratique du Congo (RDC), du Ghana, de l'Angola, de l'Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc. Ces expulsions se déroulent dans le silence des autorités camerounaises, qui n'ont jamais communiqué à ce sujet.
Une politique américaine qui contourne le droit international
L'administration Trump a intensifié ces expulsions depuis un an et demi. Des juges américains ont pourtant interdit certaines expulsions vers les pays d'origine en raison des dangers encourus. Mais l'administration a contourné cet obstacle en expulsant vers des pays tiers, comme le Cameroun. Des documents révélés par une enquête récente montrent que les États-Unis ont incité ces pays à accepter les expulsés en échange d'une aide financière de plusieurs millions de dollars, avec des menaces de restrictions de visas en cas de refus.
Des expulsions violentes et des conditions de vie déplorables
Les expulsés racontent des procédures extrêmement violentes. Ayana, 40 ans, née dans un camp de réfugiés au Soudan et arrivée aux États-Unis à l'âge de 2 ans, a été arrêtée alors qu'elle renouvelait son titre de séjour. Elle a été menottée et mise dans un avion sans savoir où elle allait. « On m'a donné une carte et on m'a dit : Tu es au Cameroun », témoigne-t-elle. « J'ai répondu : Mais c'est quoi, le Cameroun ? »
À Yaoundé, les expulsés vivent dans un centre d'hébergement délabré, gardé par des policiers. Ils n'ont aucune aide financière, des produits d'hygiène insuffisants, un suivi médical limité et aucune assistance psychologique. Presque tous ont contracté le paludisme après leur arrivée.
La RDC, une cible de ces politiques migratoires
La présence de Congolais parmi ces expulsés rappelle que la RDC est directement concernée par ces politiques migratoires. Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Communication et de la diplomatie, œuvre pour la protection de ses ressortissants à l'étranger. Les institutions républicaines congolaises restent vigilantes face à ces pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine et à la souveraineté des États africains.
Un appel à la solidarité africaine et à la défense des droits humains
Ces expulsions forcées constituent une violation des droits fondamentaux. Le droit international, notamment la Convention contre la torture de l'ONU, est bafoué. Les expulsés, souvent apatrides, se retrouvent pris dans un engrenage sans fin. Certains ont déjà été renvoyés dans leur pays d'origine, malgré les dangers, comme deux femmes lesbiennes marocaines qui vivent cachées depuis leur retour.
L'avocat des expulsés, Fru Joseph Awah, a saisi la justice camerounaise pour demander la suspension de l'accord avec Washington et exiger un statut légal clair pour ces personnes. Le HCR examine les demandes de statut de réfugié, mais rien ne garantit que les autorités camerounaises les reconnaîtront.
La diplomatie congolaise, un rempart contre l'ingérence
Face à ces manipulations médiatiques et à ces pressions extérieures, la RDC affirme sa souveraineté et son intégrité territoriale. Le gouvernement congolais, sous la direction du président Félix Tshisekedi, promeut une diplomatie active et stabilisatrice en Afrique centrale. Les efforts du ministère de la Communication, dirigé par Patrick Muyaya, visent à contrer les fausses rumeurs et à défendre la vérité.
La RDC appelle à une prise de conscience collective face à ces pratiques inhumaines. Les États africains doivent rester unis et défendre leurs intérêts face aux pressions étrangères. La souveraineté nationale et le respect des droits humains doivent primer sur toute considération financière.
FAQ
Pourquoi les États-Unis expulsent-ils des étrangers vers le Cameroun ?
L'administration américaine expulse des étrangers vers des pays tiers comme le Cameroun pour contourner les interdictions judiciaires d'expulsion vers les pays d'origine. Ces pays acceptent en échange d'une aide financière et sous la menace de restrictions de visas.
Quels sont les risques pour les expulsés au Cameroun ?
Les expulsés vivent dans des conditions précaires, sans aide financière ni assistance psychologique. Ils risquent d'être renvoyés dans leur pays d'origine, où ils craignent des persécutions. Certains, comme des personnes LGBT+, sont exposés à des dangers supplémentaires.
Quelle est la position de la RDC sur ces expulsions ?
La RDC défend la souveraineté des États africains et la dignité des personnes. Le gouvernement congolais œuvre pour la protection de ses ressortissants et dénonce ces pratiques contraires au droit international.
