L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a répondu, le 20 octobre 2026, aux déclarations du directeur général d'Africa CDC sur la gestion des fonds de la riposte Ebola en République démocratique du Congo. Selon l'OMS, il est tout à fait possible de retracer les quelque 700 millions de dollars que Kinshasa n'a pas encore pu localiser.
La controverse a été lancée le 14 octobre par Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies de l'Union africaine (Africa CDC). Selon RFI, qui rapporte l'information, il a constaté une différence entre les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par les bailleurs internationaux et les quelque 220 millions dont la gestion a pu être retracée par les autorités congolaises. Il avait dénoncé un « flou » autour de ces 700 millions manquants du radar.
Qu'a répondu l'OMS aux déclarations d'Africa CDC ?
Le docteur Catherine Smallwood, Incident Manager de l'OMS en RDC pour la riposte Ebola, a voulu être claire : le travail de traçabilité est en cours et il portera ses fruits. Pour elle, l'impossibilité de retracer les fonds n'est pas une fatalité.
« C'est bien possible que nous ayons plusieurs bailleurs ou partenaires qui n'aient pas reporté jusqu'à présent l'utilisation de leurs fonds, mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas possible », a-t-elle déclaré au micro de la correspondante de RFI à Kinshasa, Paulina Zidi.
« C'est bien sûr possible de retracer ces 700 millions de fonds. Et aux Nations unies et à l'OMS, on soutient pleinement la transparence et la redevabilité concernant les ressources confiées pour la riposte Ebola », a-t-elle ajouté.
Un mécanisme de suivi financier existe déjà
L'OMS ne découvre pas le problème. L'organisation affirme travailler avec Africa CDC, le gouvernement de la RDC et les partenaires de la riposte à travers un outil précis : le FTM, un mécanisme de suivi financier coordonné et mis en place par l'OMS.
« C'est à travers cet outil-là que nous demandons aux partenaires de nous déclarer les fonds qu'ils ont reçus et les taux d'utilisation des fonds qu'ils ont reçus », a expliqué Catherine Smallwood.
Elle a reconnu un point important : tous les partenaires n'ont pas encore rendu leurs comptes. « Ce mécanisme fonctionne. Mais nous n'avons pas encore eu toutes les réponses de tous les partenaires sur le terrain. C'est un travail qui est en cours. Depuis ces dernières semaines, on essaie, en partenariat avec le gouvernement, d'accélérer ce processus », a-t-elle poursuivi.
Cette reconnaissance est significative. Elle valide la position que la République démocratique du Congo défend depuis le début : Kinshasa ne gère pas dans l'opacité, ce sont certains partenaires qui tardent à rendre compte de l'usage des fonds reçus au nom du peuple congolais.
Pourquoi cette exigence de transparence est légitime
Rappelons les faits. Mi-mai 2026, la RDC a déclaré la 17e épidémie d'Ebola de son histoire, la plus meurtrière jusqu'à présent. Le pays paie un lourd tribut : 9 455 cas confirmés et 4 561 décès sur l'ensemble du territoire, selon le ministère congolais de la Santé. Une huitième province est désormais touchée, le Nord-Ubangi, dans le nord-ouest du pays.
Face à une telle hécatombe, chaque dollar compte. Chaque dollar détourné ou simplement non documenté, c'est un centre de traitement en moins, un vaccin non distribué, une vie en danger. Le gouvernement congolais a donc raison d'exiger des comptes, comme nous l'avions souligné dans notre analyse sur
