La Belgique compte environ 300 000 personnes d'origine turque, soit près de 3 % de sa population. Pourtant, aucun joueur issu de cette communauté n'a jamais porté le maillot des Diables rouges. Une question que même l'Union belge de football ne s'était pas posée.
Cette situation interpelle. Elle rappelle que le choix d'une sélection nationale dépasse souvent le simple cadre sportif. Pour la République démocratique du Congo, cette réalité résonne d'une manière particulière. Nos compatriotes binationaux, eux, n'hésitent pas à défendre les couleurs de la RDC avec fierté et détermination.
Un mystère que la fédération belge elle-même ne s'explique pas
L'Union belge de football (UB) a été surprise par cette interrogation. Elle n'avait jamais soulevé la question en interne. « Nous avons eu peu de cas à gérer liés à la Turquie ces derniers temps, c'est vrai. Mais le pourquoi, on n'en sait rien », confie-t-on au sein de la fédération.
La principale explication avancée résiderait dans la qualité. La Belgique, pourtant active dans la chasse aux binationaux, ne se précipite pas sur tous les joueurs susceptibles d'être « chipés » par leur autre pays. Le processus de décision est long, précis et exigeant. Seuls les éléments qui méritent leur place sont appelés, chez les jeunes comme chez les A.
Un seul joueur d'origine turque dans les équipes de jeunes
Actuellement, un seul joueur d'origine turque figure dans les classes d'âge des Diables rouges : Efe Karaaslan, né en 2010 et actif à OHL. C'est très peu comparé au nombre de jeunes qui peuvent également représenter le Maroc ou la RDC.
Plusieurs hypothèses circulent. Certains évoquent une maturité physique plus lente chez certains joueurs turcs. D'autres pointent le choix du club, les jeunes talents rejoignant parfois très tôt la Süper Lig, souvent dans de grands clubs, avec un développement pas toujours adapté à leur talent.
Le cas Cihan Çanak, un exemple récent
Le dossier Cihan Çanak illustre cette réalité. Grand talent du Standard, il est parti à 19 ans vers Trabzonspor, où il peine à percer. Il a joué jusqu'en U20 pour la Belgique avant de se tourner vers la Turquie. Il a justifié ce choix par une envie de représenter le pays de ses parents.
Peu de joueurs ont forcé la fédération belge à se battre pour obtenir leurs faveurs. Benoît Thans, directeur technique de la fédération en 2012, se souvient : « Je n'ai jamais été confronté au dossier d'un joueur qu'on devait convaincre de jouer pour la Belgique et non la Turquie. » Il a connu les deux exemples les plus concrets : Sinan Bolat et Önder Turaci, qui ont préféré la Turquie malgré la nationalité belge.
Une leçon pour la RDC : la fierté nationale avant tout
Cette situation belge contraste avec l'engagement des joueurs congolais de la diaspora. Nos Léopards peuvent compter sur des binationaux qui choisissent la RDC par amour de la patrie, et non par opportunisme. C'est une force pour notre football et pour notre nation.
La souveraineté ne se limite pas aux frontières. Elle se manifeste aussi dans le choix des cœurs. Les joueurs qui portent le maillot congolais savent ce qu'ils représentent : l'espoir de tout un peuple, la fierté d'une nation qui avance malgré les obstacles.
La Belgique s'interroge sur l'absence de joueurs turcs. La RDC, elle, peut se réjouir de voir ses enfants revenir renforcer l'équipe nationale. C'est une différence de taille. Et une leçon de patriotisme.
