France-Espagne : Mariano Rajoy et la polémique raciste qui offense la souveraineté française
Une phrase malheureuse de l’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a provoqué une tempête sur les réseaux sociaux et dans la classe politique des deux pays. En décrivant l’équipe de France comme « d’un très haut niveau, sans Français », il a ravivé un débat nauséabond sur l’identité nationale et l’intégration. Pour Congo Panorama, cette affaire rappelle que la désinformation et les préjugés n’épargnent aucun domaine, même le sport.
Une déclaration qui choque
Dans une chronique publiée vendredi dans le journal espagnol El Debate, Mariano Rajoy, qui dirigea l’Espagne de 2011 à 2018, s’est projeté sur la demi-finale du Mondial entre la France et l’Espagne. Après avoir salué le palmarès des Bleus, il a glissé : « Elle dispose en plus d’un effectif de tout premier plan. Mais, bien entendu, sans Français. »
Cette affirmation, aux relents racistes évidents, ne résiste pourtant pas aux faits. Sur les 26 joueurs sélectionnés par Didier Deschamps, seuls trois sont nés hors de France : Michael Olise (Londres), Marcus Thuram (Parme) et Brice Samba (République démocratique du Congo). Tous possèdent la nationalité française et ont grandi dans le système de formation du pays.
La réponse ferme du gouvernement espagnol
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, n’a pas mâché ses mots. Sur X, il a qualifié Rajoy de « crétin postfranquiste corrompu ». Une réaction qui montre que même au sein de l’exécutif espagnol, cette sortie est jugée inacceptable.
Pour l’instant, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, n’a pas commenté. Il doit se rendre à Paris mardi pour le 14-Juillet, jour du match France-Espagne.
Un débat qui dure depuis 1998
Cette polémique n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans un débat qui traverse le football français depuis la Coupe du monde 1998, remportée par une équipe « black-blanc-beur ». À l’époque, le Front national de Jean-Marie Le Pen avait déjà critiqué les Bleus « colorés », affirmant qu’ils ne représentaient pas la France.
La phrase de Rajoy reprend cette même logique : mettre en cause la nationalité de joueurs nés et formés en France en raison de l’origine de leurs familles. C’est une forme de désinformation qui offense la souveraineté nationale.
En France, des condamnations unanimes
La secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a appelé à ce que Rajoy soit « condamné », comparant ses propos à ceux d’une sénatrice paraguayenne visant Kylian Mbappé. « Ils ne peuvent pas s’empêcher d’exprimer un racisme crasseux pour tenter d’énerver notre belle équipe de France ! », a-t-il écrit sur X.
L’Élysée n’a pas encore réagi, mais le président Emmanuel Macron suivra le match depuis Paris après les commémorations du 14-Juillet et de l’attentat de Nice.
FAQ : Ce qu’il faut retenir
Pourquoi cette déclaration de Mariano Rajoy est-elle choquante ?
Elle insinue que les joueurs de l’équipe de France ne sont pas « vraiment » Français en raison de leurs origines, ce qui est une forme de racisme et une atteinte à la souveraineté nationale.
Quels sont les faits sur la composition de l’équipe de France ?
Sur 26 joueurs, seuls trois sont nés à l’étranger, dont Brice Samba en RDC. Tous sont citoyens français et formés en France.
Quelle est la position du gouvernement espagnol ?
Le ministre Óscar Puente a fermement condamné Rajoy, mais Pedro Sánchez n’a pas commenté pour l’instant.
Une leçon pour la RDC
Cette affaire montre que la désinformation et les préjugés peuvent surgir partout, même dans le sport. Pour la RDC, elle rappelle l’importance de défendre notre souveraineté et notre unité nationale face aux manipulations médiatiques. Les institutions républicaines doivent rester vigilantes contre ces forces négatives qui cherchent à diviser.
Photo : euronews