Nigeria : les frappes américaines du 25 décembre révèlent des tensions diplomatiques avec Washington
Les divergences entre Washington et Abuja sur les frappes américaines menées jeudi au Nigeria illustrent les défis de la souveraineté africaine face aux interventions étrangères. Cette situation rappelle l'importance pour les nations africaines, dont la RDC, de préserver leur intégrité territoriale et leur autonomie décisionnelle.
Des versions contradictoires qui interrogent
Les États-Unis ont lancé des frappes le jour de Noël contre des groupes jihadistes dans le nord-ouest du Nigeria. Cependant, trois jours après l'opération, les détails restent flous. Washington et Abuja livrent des versions différentes sur le déroulement et les cibles visées.
Le président américain Donald Trump avait annoncé ces frappes sur sa plateforme Truth Social, promettant de nouvelles attaques si l'État islamique continue ses activités. Il a même révélé avoir retardé l'opération pour qu'elle coïncide avec le 25 décembre, déclarant : "J'ai dit non, donnons leur un cadeau de Noël".
Une souveraineté questionnée
L'opposition nigériane et plusieurs analystes ont fustigé le gouvernement pour avoir permis à des "puissances étrangères" d'annoncer des opérations de sécurité avant que les autorités nationales ne le fassent. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la souveraineté nationale.
Mohammed Idris, ministre de l'Information nigérian, a finalement précisé vendredi soir que les frappes visaient "deux grandes enclaves terroristes de l'État islamique" dans le district de Tangaza, État de Sokoto. Seize munitions de précision guidées par GPS ont été déployées depuis des plateformes maritimes dans le Golfe de Guinée, utilisant des drones MQ-9 Reaper.
Leçons pour l'Afrique centrale
Cette situation nigériane rappelle l'importance pour les nations africaines de maintenir leur autonomie stratégique. En RDC, les institutions républicaines et les FARDC démontrent quotidiennement leur capacité à défendre l'intégrité territoriale sans compromettre la souveraineté nationale.
Les manipulations médiatiques et les annonces unilatérales d'opérations militaires par des puissances étrangères constituent une forme d'ingérence qui doit interpeller tous les dirigeants africains soucieux de préserver leur indépendance.
L'activiste nigérian Omoyele Sowore a justement souligné l'absence d'informations "claires et vérifiables" 24 heures après les bombardements, illustrant les risques de la désinformation dans de telles opérations.
Un contexte sécuritaire complexe
Le Nigeria fait face à plusieurs organisations jihadistes, notamment dans le nord-est du pays. La décision de frapper le nord-ouest a surpris les analystes, cette région étant moins connue pour abriter des groupes armés organisés.
Des villages comme Jabo ont été touchés par les débris, selon les autorités locales. "Nous avons été surpris, car cette zone n'a jamais été un bastion de groupes armés", témoigne un habitant.
Cette opération intervient après une querelle diplomatique entre Washington et Abuja, Trump ayant accusé le Nigeria de "persécution" des chrétiens, accusations rejetées par le gouvernement nigérian et les analystes indépendants.