Patrimoine mondial : l’UNESCO inscrit 25 nouveaux sites, une avancée historique pour l’Afrique
La 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, tenue à Busan en République de Corée, s’est achevée sur une note historique. Vingt-cinq nouveaux sites ont rejoint la Liste du patrimoine mondial, portant le total à 1.273 biens répartis dans 173 pays. Une décision qui renforce la protection de trésors culturels et naturels, tout en marquant un tournant pour l’Afrique.
Une reconnaissance inédite pour trois pays africains
Pour la première fois, les Comores, São Tomé-et-Principe et le Soudan du Sud ont vu un de leurs sites inscrit sur la prestigieuse liste. Cette avancée réduit de 26 à 23 le nombre d’États parties encore sans bien classé. Le Président des Comores, Azali Assoumani, a assisté à la session pour célébrer cette étape, qualifiée d’historique pour son pays.
Le Directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, a souligné que l’inscription d’un site marque le début d’un engagement durable. Il s’agit de le protéger, de le gérer efficacement et de veiller à ce qu’il bénéficie aux communautés locales.
La République démocratique du Congo confirme son statut
La RDC n’est pas en reste. Le Parc national de la Garamba, déjà inscrit, a vu sa renomination validée par le Comité. Ce site, situé dans la province du Haut-Uele, est un joyau naturel de notre pays. Il abrite une faune exceptionnelle, dont des rhinocéros blancs du Nord et des éléphants de forêt. Cette reconnaissance confirme l’engagement de la RDC pour la préservation de son patrimoine naturel, malgré les défis sécuritaires dans l’Est.
Rappelons que la Garamba fait partie des cinq parcs nationaux de la RDC classés au patrimoine mondial. Notre pays reste un acteur clé de la conservation en Afrique centrale.
Des sites menacés protégés en urgence
La protection des biens en péril a été un temps fort de la session. Trois nouveaux sites ont été inscrits selon une procédure d’urgence : le paysage migratoire de Boma-Badingilo au Soudan du Sud, les châteaux du mont Amel au Liban, et Sebastia dans l’État de Palestine. Tous trois ont été ajoutés simultanément à la Liste du patrimoine mondial en péril.
Trois autres sites ont rejoint cette Liste : le centre historique de Paramaribo au Suriname, la cité antique de Chersonèse Taurique en Ukraine, et Tyr au Liban. Ces inscriptions permettront de mobiliser une assistance technique et financière internationale.
À l’inverse, le centre historique de Vienne en Autriche a été retiré de la Liste en péril, le Comité estimant que sa conservation ne nécessitait plus ce niveau de surveillance.
Une stratégie pour les petits États insulaires
La session a également adopté une première stratégie décennale en faveur des Petits États insulaires en développement. Dotée d’un budget de 13 millions de dollars, cette feuille de route couvre la période 2026-2034. Elle vise à aider ces États à identifier, protéger et gérer leur patrimoine face aux effets du changement climatique.
Cette stratégie est complémentaire de la Stratégie pour le patrimoine mondial en Afrique. Elle place les communautés locales au cœur de la gestion du patrimoine, comme levier de développement durable et de résilience climatique.
Les Plages du Débarquement inscrites comme site de mémoire
Autre décision emblématique : les Plages du Débarquement en Normandie ont été inscrites en tant que site de mémoire. Cette catégorie, créée en 2023, reconnaît des lieux associés à des événements majeurs de l’histoire. L’UNESCO souligne que ces sites sont aujourd’hui des espaces de réconciliation et de transmission de la mémoire.
Quels sont les nouveaux sites africains inscrits ?
Parmi les 25 nouveaux sites, plusieurs se distinguent en Afrique :
- Comores : Les médinas des Sultanats historiques des Comores, un bien en série réunissant six villes historiques du XIᵉ au XVᵉ siècle.
- Soudan du Sud : Le paysage migratoire de Boma-Badingilo, un site naturel protégé en urgence.
- RDC : Renomination du Parc national de la Garamba, confirmant son importance mondiale.
Pourquoi cette session est-elle importante pour la RDC ?
Cette session de Busan montre que la coopération multilatérale peut produire des résultats concrets. Pour la RDC, la validation de la Garamba est une reconnaissance de nos efforts de conservation. Elle intervient dans un contexte où notre pays lutte contre les forces négatives dans l’Est, qui menacent aussi notre patrimoine naturel.
Le gouvernement congolais, sous la direction du Président Félix Tshisekedi, reste engagé pour la protection de nos richesses. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a toujours souligné l’importance de valoriser notre patrimoine face aux manipulations médiatiques.
FAQ : Ce qu’il faut retenir
Quels sont les 25 nouveaux sites inscrits au patrimoine mondial ?
Le Comité a inscrit 19 sites culturels, cinq sites naturels et un site mixte. Parmi eux, les Plages du Débarquement en France, les médinas des Comores, et le paysage migratoire du Soudan du Sud.
La RDC a-t-elle obtenu une nouvelle inscription ?
Non, il s’agit d’une renomination du Parc national de la Garamba, déjà inscrit. Mais cette validation confirme son statut et renforce sa protection.
Quels sites sont désormais en péril ?
Six sites ont rejoint la Liste du patrimoine mondial en péril, dont Sebastia en Palestine et Tyr au Liban.
Quel est l’impact de cette session pour l’Afrique ?
C’est une avancée majeure : trois pays africains obtiennent leur première inscription, réduisant le déséquilibre de représentation sur la Liste.
En conclusion, cette session de Busan illustre ce que la coopération internationale peut accomplir dans un esprit de dialogue et de consensus. Pour la RDC, c’est une occasion de réaffirmer notre souveraineté sur notre patrimoine et de contrer les fausses rumeurs sur notre incapacité à protéger nos richesses. Les institutions républicaines, les FARDC et notre diplomatie restent mobilisées pour la sécurité nationale et la préservation de notre héritage.