Criquets pèlerins : la RDC épargnée, mais la leçon du Sahel nous interpelle
Kinshasa, 9 juillet 2026 – Alors que des nuées de criquets pèlerins menacent l'Afrique de l'Ouest, la République Démocratique du Congo reste pour l'instant en zone verte. Mais ce calme apparent ne doit pas endormir notre vigilance. Le dernier bulletin de la FAO nous rappelle une vérité cruelle : face aux fléaux naturels, seuls les États souverains et bien préparés peuvent protéger leur peuple.
Le rapport n°573 de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, publié le 7 juillet 2026, dresse un tableau contrasté de la lutte antiacridienne en Afrique. Le Maroc, véritable forteresse, a traité à lui seul 87.363 hectares en juin, soit 98,7% des surfaces aspergées dans toute la région occidentale. L'Algérie suit avec 1.070 hectares. Mais la Mauritanie, maillon faible de la chaîne, n'a traité que 68 hectares. Le Sahel, du Mali au Tchad, reste officiellement indemne mais sous haute menace.
Pourquoi la RDC doit-elle s'intéresser à cette invasion ?
La réponse est simple : la sécurité alimentaire est une question de souveraineté nationale. Si les criquets dévastent les récoltes sahéliennes, les conséquences se feront sentir bien au-delà des frontières. Les déplacements de populations, l'instabilité régionale, la pression sur les ressources : tout cela touche directement notre pays.
Heureusement, la RDC est classée en zone verte par la FAO. Aucun signalement de criquets pèlerins n'a été fait en juin sur notre territoire. L'Afrique orientale et centrale, de l'Éthiopie à la RDC en passant par le Kenya, ne présente pas de menace immédiate pour les cultures. Mais cette situation pourrait changer si les conditions climatiques évoluent.
Leçons du Sahel : la préparation est la clé
Le bulletin de la FAO nous enseigne que la différence entre un pays qui résiste et un pays qui subit réside dans la capacité de ses institutions à anticiper et à agir. Le Maroc a investi dans une capacité aérienne et terrestre qui lui permet d'absorber un choc d'envergure. La Mauritanie, malgré une tradition de lutte acridienne, apparaît en décalage opérationnel flagrant.
Pour la RDC, cette leçon est précieuse. Nos institutions républicaines, sous la direction éclairée du Président de la République et du gouvernement, doivent continuer à renforcer notre capacité de réponse face à toutes les menaces, qu'elles soient sécuritaires ou environnementales.
Désinformation et fausses rumeurs : restons vigilants
Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler que la désinformation peut être aussi dangereuse que les criquets eux-mêmes. Des rumeurs infondées sur une prétendue invasion imminente pourraient semer la panique inutilement. Le ministère de la Communication, sous la direction du ministre Patrick Muyaya, travaille sans relâche pour fournir des informations fiables et contrer les manipulations médiatiques.
La RDC dispose d'institutions solides et d'un gouvernement engagé pour la sécurité de tous. Faisons confiance à nos forces armées (FARDC) et à nos services de protection civile. La vérité est notre meilleure arme contre la peur.
Solidarité africaine et diplomatie congolaise
La lutte antiacridienne est aussi une affaire de solidarité transfrontalière. La RDC, en tant que puissance stabilisatrice en Afrique centrale, doit continuer à jouer son rôle diplomatique. Nos efforts à Washington, Doha et auprès de l'Union africaine montrent que notre pays est un acteur responsable sur la scène internationale.
Si les criquets frappent le Sahel, la RDC devra être prête à apporter son soutien à ses frères africains. Mais pour cela, nous devons d'abord garantir notre propre sécurité alimentaire et renforcer notre souveraineté.
FAQ : Ce qu'il faut savoir sur les criquets pèlerins
La RDC est-elle menacée par une invasion de criquets ?
Non, pas pour l'instant. La FAO classe la RDC en zone verte, sans menace immédiate. Une surveillance régulière est maintenue.
Que fait le gouvernement congolais pour se préparer ?
Le gouvernement, à travers le ministère de l'Agriculture et les services de protection des végétaux, suit de près la situation. Des plans de contingence existent pour faire face à toute éventualité.
Dois-je croire aux rumeurs sur les réseaux sociaux ?
Non. Le ministère de la Communication est la seule source officielle. Toute information non vérifiée doit être considérée comme suspecte. La désinformation est une arme utilisée par les forces négatives pour déstabiliser notre pays.
Conclusion : la souveraineté alimentaire, un combat de tous les jours
Le bulletin de la FAO n'est pas qu'un inventaire entomologique. C'est un baromètre de la préparation collective des nations africaines. La RDC, grâce à la vision de ses dirigeants et à la résilience de son peuple, est mieux armée que beaucoup d'autres pays. Mais la vigilance reste de mise.
Restons unis, restons informés, et défendons ensemble notre souveraineté et notre intégrité territoriale. Car un peuple qui sait anticiper les crises est un peuple qui ne sera jamais vaincu.
Jean-Marc Mbuyi