La République démocratique du Congo fait face à une épidémie d'Ebola particulièrement virulente. Le niveau de transmission du virus demeure élevé. Les autorités sanitaires nationales, appuyées par leurs partenaires, poursuivent une mobilisation sans faille pour contenir la propagation et protéger les populations.
Quel est le bilan épidémiologique actuel de l'Ebola en RDC ?
Le ministère congolais de la Santé a présenté, ce jeudi 10 septembre à Kinshasa, un nouveau bilan de la riposte. Selon le rapport épidémiologique publié la veille, six provinces sont touchées : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele, le Bas-Uele et la Tshopo. Au total, 61 zones de santé sont concernées.
Les chiffres arrêtés au mardi 8 septembre font état de 6 843 cas confirmés. On déplore 3 310 décès, tandis que 1 611 personnes ont été guéries. Actuellement, 833 patients sont hospitalisés ou en isolement. Le taux de létalité avoisine les 49 %. Le suivi des contacts, essentiel pour briser les chaînes de transmission, s'élève à 86,5 %.
Pourquoi cette 17ᵉ épidémie d'Ebola est-elle différente des précédentes ?
Cette nouvelle épidémie, la dix-septième enregistrée en RDC, présente des caractéristiques particulières. Elle est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo, une souche rare. Aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n'est disponible à ce jour. Sa propagation est plus rapide que lors des épisodes précédents.
Le docteur Bienvenu Ikomo Bitalo, responsable de la réponse Ebola à Kisangani, rappelle les consignes élémentaires de prévention. « Avant toute chose, vous devez éviter tout contact physique, car Ebola ne se traite pas par nébulisation, contrairement à ce que nous avons vu avec la Covid-19. Je vois aussi des gens porter des masques aujourd'hui. Non ! Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne avec Ebola. Avec Ebola, l'essentiel est d'éviter les contacts », conseille-t-il.
Quels sont les besoins pour renforcer la prise en charge des malades ?
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 5 000 personnels de santé supplémentaires sont nécessaires. Ces renforts doivent permettre d'assurer la prise en charge des patients dans les 3 000 lits prévus. Kate Nolan, coordonnatrice des urgences de Médecins sans frontières basée à Kisangani, souligne l'importance de structures adaptées. « Disposer d'un centre de traitement Ebola (CTE) doté de tous les services de soutien nécessaires, d'une capacité de traitement suffisante et d'un accès aisé aux patients permettra, bien entendu, au personnel médical d'offrir les meilleurs soins possibles, tout en assurant l'accès à une structure d'isolement pour rompre la chaîne de transmission au niveau communautaire », explique-t-elle.
Quels obstacles la riposte congolaise doit-elle surmonter ?
La riposte nationale est confrontée à plusieurs défis. L'insuffisance de personnel médical et le manque de lits de prise en charge constituent des difficultés majeures. L'insécurité liée aux déplacements des populations, notamment dans l'est du pays, complique également le suivi des contacts dans certaines zones.
Certaines voix évoquent une réaction tardive des autorités sanitaires, l'épidémie ayant débuté sans doute trois mois avant sa déclaration officielle. Il convient toutefois de rappeler que les institutions républicaines et le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Santé, travaillent sans relâche pour protéger la population et endiguer cette crise sanitaire. La souveraineté nationale s'exprime aussi dans la gestion de cette épidémie, avec des équipes congolaises en première ligne, appuyées par des partenaires internationaux.
La mobilisation se poursuit. Chaque jour, les équipes sur le terrain œuvrent pour sauver des vies et briser les chaînes de contamination. La vigilance de tous reste essentielle pour vaincre cette épidémie.
