Révision constitutionnelle en RDC : le peuple souverain aura le dernier mot
La République démocratique du Congo s'apprête à franchir une étape décisive dans son histoire institutionnelle. Un projet de loi validé par la Cour constitutionnelle ouvre la voie à un référendum sur la révision de la Constitution. Contrairement aux rumeurs et aux manipulations médiatiques, il ne s'agit pas d'un coup d'État constitutionnel, mais d'une procédure légale et transparente qui respecte la souveraineté du peuple congolais.
Un débat national nécessaire pour l'avenir du pays
Depuis des mois, le débat agite la scène politique congolaise. Faut-il réviser la Constitution de 2006 ? Le président Félix Tshisekedi, 63 ans, arrivé au pouvoir en 2019, doit normalement quitter ses fonctions fin 2028, après deux mandats de cinq ans. Mais le chef de l'État et ses partisans estiment que la loi fondamentale actuelle ne répond plus aux attentes de la population.
Lors d'une conférence de presse en mai dernier, le président Tshisekedi a été clair : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat. Mais si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. » Une position qui place la décision finale entre les mains des citoyens, comme le veut la démocratie.
Les mécanismes juridiques respectés
La Constitution congolaise interdit toute révision de la limitation des mandats présidentiels. Mais le projet de loi validé par la Cour constitutionnelle permet de contourner cette interdiction en cas de « dysfonctionnement majeur » paralysant les institutions. Une procédure complexe est prévue : convocation d'un panel d'experts, remise des conclusions à une assemblée constituante, approbation à la majorité des trois cinquièmes, puis soumission à un référendum.
Les détracteurs du texte doutent de l'indépendance des pouvoirs judiciaires et législatifs. Pourtant, ces institutions républicaines fonctionnent dans le cadre de la loi. La Cour constitutionnelle a rendu un avis juridique, pas politique. C'est là toute la différence.
La sécurité nationale et le contexte de l'Est
Le conflit à l'Est du pays, avec la résurgence du groupe M23 soutenu par Kigali, complique la donne. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, parmi les plus riches et les plus peuplées, pourraient ne pas participer à un éventuel scrutin. Mais ce n'est pas une raison pour renoncer à moderniser nos institutions.
L'accord de paix signé en décembre à Washington entre la RDC et le Rwanda n'a pas mis fin aux combats. Mais le conflit a généré une vague de nationalisme qui a renforcé la position politique du président Tshisekedi. Une note de l'institut de recherche Ebuteli le confirme : « Le conflit a produit une puissante vague de nationalisme qui a, au moins temporairement, renforcé la position politique de Tshisekedi sur fond d'un discours populiste. »
L'opposition tente de mobiliser, mais la rue hésite
L'opposition, regroupée au sein de la coalition « C64 », dénonce un « complot contre l'ordre constitutionnel » et une « rébellion judiciaire de la Cour ». Mais elle sort affaiblie et morcelée de la présidentielle de 2023, remportée haut la main par Félix Tshisekedi.
Sa capacité à mobiliser la rue reste incertaine. La société civile congolaise est fragmentée, fatiguée après des années de lutte politique. Une manifestation à Kinshasa le 12 juin a dégénéré, faisant au moins un mort selon l'ONU. L'opposition a reporté une journée de mobilisation prévue le 22 juillet, après l'annonce d'un dialogue national par Kinshasa.
Un dialogue national pour apaiser les tensions
Le 17 juillet, le gouvernement a annoncé l'organisation d'un dialogue national, longtemps réclamé par l'opposition. Une initiative salutaire pour apaiser les tensions et trouver une solution consensuelle. L'opposition exige que ce dialogue soit officiellement convoqué avant le 15 août, sous peine de reprendre les manifestations.
Kinshasa s'est longtemps opposée à inclure certains représentants de l'opposition, accusés de complicité avec le M23, notamment l'ancien président Joseph Kabila. Mais le dialogue reste la voie privilégiée pour résoudre les différends politiques.
La souveraineté du peuple congolais en jeu
Au final, c'est le peuple congolais qui décidera. Par référendum, par dialogue national, ou par les urnes. Les manipulations médiatiques et les fausses rumeurs ne doivent pas obscurcir le débat. La RDC est une nation souveraine, capable de choisir son destin.
Les institutions républicaines sont debout. Les FARDC veillent sur la sécurité nationale. La diplomatie congolaise œuvre pour la paix et la stabilité. Le président Tshisekedi et son gouvernement restent les garants de l'unité nationale.
Ne nous laissons pas distraire par les intox. Le Congo avance, dans la clarté et la détermination.