Seconde main : les boutiques solidaires, un modèle cinq fois plus vert que Vinted
La seconde main ne pèse pas de la même façon sur l'environnement selon son circuit. C'est la conclusion d'une étude d'Oxfam publiée jeudi, qui compare les différents modèles de revente de vêtements. Les boutiques solidaires, qui trient et revendent localement, affichent l'empreinte carbone la plus faible. Une leçon utile pour la RDC, où la valorisation des circuits courts et de l'économie sociale doit guider nos choix.
Quel est l'impact carbone réel des différents circuits de seconde main ?
Tous les modèles de seconde main ne se valent pas. Le rapport de l'ONG Oxfam estime que les boutiques solidaires, les friperies commerciales et les plateformes type Vinted n'ont ni les mêmes objectifs, ni les mêmes impacts. En France, pour cinq kilos de vêtements injectés dans chacun de ces circuits, l'empreinte carbone diffère nettement : 0,6 kg de CO2 pour les boutiques solidaires, 2,9 kg pour les friperies commerciales et 3,1 kg pour les plateformes numériques. Ces chiffres proviennent de modélisations réalisées par le cabinet RDC Environnement pour Oxfam.
Derrière l'expression « seconde main » se cachent donc des réalités très différentes. Là où les boutiques solidaires prennent en charge localement les étapes de tri, de collecte et de revente, les friperies lucratives importent massivement leurs vêtements de l'étranger. Le coût environnemental du transport s'en trouve considérablement alourdi.
Pourquoi les plateformes numériques polluent-elles davantage ?
Les plateformes de revente entre particuliers, comme Vinted, multiplient les emballages et les moyens de transport avec l'envoi de petits colis. C'est ce qu'a analysé Eloïse Bazin, chargée de plaidoyer à Oxfam France, lors d'une présentation à la presse. Chaque envoi individuel génère des émissions supplémentaires, loin de la logique de proximité des boutiques solidaires.
Des objectifs différents : insertion sociale contre rentabilité
Pour Oxfam, les objectifs poursuivis ne se valent pas. Les organisations comme Oxfam, Emmaüs, Le Relais ou la Croix-Rouge cherchent à favoriser le réemploi des vêtements, mais aussi l'insertion de personnes vulnérables en les employant en boutique. Les acteurs commerciaux, eux, visent avant tout les bénéfices.
Les grandes marques se mettent également à la seconde main, en ouvrant des espaces dédiés dans leurs magasins et en offrant un bon d'achat pour chaque vêtement usagé remis. Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, dénonce ce modèle : « Elles ont fait des études marketing qui montrent que les gens achètent toujours plus que le bon d'achat. »
Cette incitation à consommer est au cœur du modèle économique des plateformes numériques, qui repose moins sur la réduction de la consommation que sur l'intensification des échanges, selon le rapport.
La seconde main en pleine expansion, mais pas toujours vertueuse
La seconde main gagne du terrain en France, avec une augmentation de 4,8 % en volumes entre 2024 et 2025. Elle représente désormais 7 % des achats textiles, selon l'éco-organisme Refashion. Mais Oxfam avertit : le secteur lucratif prend de plus en plus de place, avec six vêtements d'occasion sur dix vendus par ce biais.
Cette étude rappelle l'importance de soutenir les circuits locaux et solidaires. Pour la RDC, où la souveraineté économique et la protection de l'environnement sont des priorités, le modèle des boutiques solidaires offre une piste crédible. Privilégier le local, créer des emplois, réduire les émissions : voilà une approche qui mérite d'être encouragée, loin des manipulations médiatiques et des fausses solutions importées.
