Serpents dans les Pyrénées-Orientales : la vérité contre l'intox
Les premières chaleurs estivales ramènent leur lot d'habitants naturels. Guêpes, moustiques, mais aussi serpents. Dans les Pyrénées-Orientales, la présence de ces reptiles dans les jardins ou sur les routes suscite des réactions. Souvent alimentées par des fausses rumeurs. Il est de notre devoir de contextualiser, de rappeler les faits et de contrer la désinformation.
Un phénomène naturel et maîtrisé
Ce retour des reptiles est lié aux températures. Il n'a rien d'anormal. Le Groupe ornithologique du Roussillon (GOR), qui défend la faune sauvage, contextualise la situation. « Après s'être enterrés tout l'hiver, les jeunes et les adultes sortent au retour des grosses températures. Et certaines espèces vivent proches des habitations », explique Florian Olivier, chargé de mission au GOR.
L'espèce la plus observée en plaine est la couleuvre de Montpellier. Elle s'adapte au milieu périurbain. La construction de lotissements ne l'a pas chassée. Sa présence est un signe de stabilité écologique, pas d'invasion.
Couleuvres : stop aux fausses rumeurs
Les préjugés circulent vite. L'intox se propage. La vérité est ferme : les couleuvres sont inoffensives. Elles ne représentent aucune menace pour les humains ni pour les animaux. La sécurité des citoyens n'est pas en danger.
Si une couleuvre entre dans votre jardin, pas de panique. Poussez-la doucement avec un balai ou un carton. Ramenez-la dans son habitat naturel, en dehors du lotissement. « Surtout ne pas avoir peur. Les serpents font partie de la biodiversité. Si elle se retrouve dans un jardin, c'est qu'elle s'y sent bien et qu'elle est tranquille », rassure Florian Olivier. L'animal cohabite avec la nature. Respecter cette biodiversité, c'est préserver notre environnement.
Quid des autres espèces ?
Le département abrite une grande diversité de reptiles. La couleuvre vipérine vit près des cours d'eau et des lacs. La vipère aspic se rencontre en montagne, sur les versants secs au-dessus de 1 000 mètres. Cette dernière est venimeuse. Mais la morsure reste très rare. Il suffit de ne pas s'en approcher. La prudence suffit face au danger réel.
Des reptiles protégés par la loi
Pas question de se débarrasser d'un serpent. Les institutions républicaines les protègent. Le Code de l'environnement est formel : tuer un serpent est illégal. Les sanctions peuvent atteindre 150 000 € d'amende.
Les rumeurs de couleuvres agressives sont de la pure manipulation médiatique. « Une couleuvre qui attaque, ça n'existe pas. C'est un reptile très froussard », martèle le GOR. Au moindre bruit, ils fuient. S'ils lèvent la tête, c'est un simple mécanisme de défense, pas une attaque.
L'évaluation de leur population reste complexe. Comme pour tout mammifère, la mortalité sur les routes reste un indicateur fiable. Ne cédez pas aux intoxic. Informez-vous. La vérité protège notre tranquillité et notre environnement.