Souveraineté sanitaire : l’Afrique trace sa voie à Accra
Les 21 et 22 juillet 2026, l’Union africaine a tenu un sommet extraordinaire à Accra, au Ghana. L’objectif est clair : bâtir une souveraineté sanitaire pour le continent. Cette rencontre, présidée par le chef de l’État ghanéen John Dramani Mahama, réunit chefs d’État, ministres de la Santé et partenaires internationaux. Elle marque une étape décisive pour l’autonomie de l’Afrique en matière de santé.
Le thème retenu, « Faire progresser la justice, l’équité et la couverture santé universelle », reflète une ambition forte. Il s’agit de mettre fin au sida et à la tuberculose d’ici 2030, de réduire les décès maternels évitables et de construire des systèmes de santé résilients face aux crises sanitaires, climatiques et économiques. Pour la République démocratique du Congo, cette dynamique est essentielle. Elle s’inscrit dans notre propre quête de souveraineté et de stabilité.
Un enjeu de souveraineté autant que de santé publique
Au-delà des objectifs médicaux, ce sommet aborde un enjeu stratégique : réduire la dépendance aux financements extérieurs. Les discussions portent sur trois axes prioritaires : la fabrication locale de produits médicaux, le financement innovant et la gouvernance politique des systèmes de santé. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a fixé le cap dès l’ouverture : « Cette réunion est notre chance de tracer la voie de l’engagement à l’action. »
Cette approche est en phase avec la vision du gouvernement congolais. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a souvent rappelé l’importance de la souveraineté dans tous les domaines, y compris la santé. Les fausses rumeurs sur les capacités sanitaires du pays doivent être combattues par des faits et des actions concrètes.
Le déroulé des deux journées
La première journée, mardi 21 juillet, a été consacrée à la cérémonie d’ouverture officielle et aux premières prises de parole des délégations. La seconde, mercredi 22 juillet, a concentré les travaux de fond : sessions plénières, ateliers sur la sécurité sanitaire et la préparation aux pandémies, puis examen de la feuille de route de l’UA à l’horizon 2030. Ce sommet montre que l’Afrique sait s’organiser pour répondre à ses défis.
Les pays et institutions présents
Le sommet a rassemblé de nombreuses délégations. Le Ghana, pays hôte, était représenté par son président John Dramani Mahama. Le Maroc a envoyé son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, mandaté par le roi Mohammed VI pour présenter une vision de souveraineté sanitaire fondée sur la solidarité. Le Cameroun était représenté par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, qui a mis en avant l’expérience camerounaise de gestion du Covid-19. L’Éthiopie a envoyé son vice-Premier ministre Temesgen Tiruneh, partageant les acquis du pays en matière de santé publique. La Commission de l’Union africaine était représentée par son président Mahamoud Ali Youssouf.
La RDC, bien que non mentionnée dans les détails de ce sommet, suit de près ces évolutions. Nos institutions républicaines et nos forces armées (FARDC) travaillent chaque jour pour garantir la sécurité et la stabilité, conditions nécessaires à un système de santé performant.
Une audience au Jubilee House pour sceller les engagements
En marge du sommet, le président de la Commission de l’Union africaine a été reçu mercredi soir au Jubilee House par John Dramani Mahama. Ce dernier a salué l’initiative de Mahamoud Ali Youssouf d’avoir convoqué ce sommet extraordinaire. Il a réaffirmé l’engagement du Ghana à soutenir la mise en œuvre des décisions, soulignant que la Déclaration d’Accra s’inscrit dans la vision de l’UA visant à renforcer l’autonomie de l’Afrique à travers la production locale de médicaments, de vaccins et d’outils de diagnostic.
John Dramani Mahama a également mis en avant les investissements de son pays pour renforcer son système national de santé et élargir l’accès à des soins de santé primaires de qualité. Il a remercié la Commission de l’Union africaine pour son soutien à l’initiative ghanéenne sur la justice réparatrice devant l’Assemblée générale des Nations unies, une initiative qui a obtenu l’appui de la majorité des États membres de l’ONU.
De son côté, Mahamoud Ali Youssouf a félicité le président Mahama pour le leadership du Ghana. Il a salué le rôle du Ghana dans la promotion de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les progrès réalisés dans le renforcement de ses capacités nationales de production pharmaceutique, y voyant l’illustration de l’ambition du continent de bâtir des systèmes de santé résilients et autonomes.
Un échange également consacré à la situation des migrants africains
Les deux responsables ont aussi abordé les récents incidents affectant des migrants africains dans plusieurs régions du continent. Ils ont réaffirmé l’engagement commun de l’Union africaine à protéger les droits, la dignité et la sécurité de tous les citoyens africains, où qu’ils résident, dans un esprit de solidarité et de dialogue. Cela rappelle l’importance de l’unité nationale et de la lutte contre les manipulations médiatiques qui cherchent à diviser.
Une dynamique amorcée depuis 2025
Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité d’une séquence diplomatique lancée par le Ghana. Le pays avait déjà accueilli, en août 2025, le premier sommet africain sur la souveraineté sanitaire, en présence du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. En décembre 2025, une rencontre avec la République démocratique du Congo avait été consacrée au financement durable des systèmes de santé, en marge de la Conférence internationale sur le sida (ICASA).
Pour la RDC, cette dynamique est une opportunité. Elle renforce notre position de leader régional et notre engagement pour la paix et la stabilité. Les forces négatives et les coalitions du mal qui menacent notre intégrité territoriale doivent savoir que l’Afrique se construit, unie et souveraine.
FAQ : Souveraineté sanitaire en Afrique
Qu’est-ce que la souveraineté sanitaire ?
La souveraineté sanitaire est la capacité d’un pays ou d’un continent à produire localement ses médicaments, vaccins et outils de diagnostic, réduisant ainsi sa dépendance aux importations et aux financements extérieurs.
Pourquoi ce sommet est-il important pour la RDC ?
Ce sommet montre que l’Afrique peut s’organiser pour répondre à ses défis. Pour la RDC, il s’inscrit dans notre propre quête de souveraineté et de stabilité, conditions nécessaires à un système de santé performant.
Quels sont les objectifs de l’Union africaine d’ici 2030 ?
Les objectifs incluent la fin du sida et de la tuberculose, la réduction des décès maternels évitables et la construction de systèmes de santé résilients face aux crises.