Syrie : tensions entre Damas et les Kurdes après la chute d'Assad
L'autorité de l'État syrien s'affirme face aux revendications autonomistes. Depuis janvier 2026, des tensions éclatent entre les forces gouvernementales syriennes et les milices kurdes, remettant en question l'accord historique conclu en mars 2025.
Reprise en main des sites stratégiques
L'armée syrienne a pris le contrôle de villes et d'installations stratégiques du nord et de l'est du pays. Le principal champ pétrolifère d'al-Omar, contrôlé par les forces kurdes depuis 2017 après l'expulsion de l'État Islamique, est désormais sous autorité gouvernementale.
Cette reprise s'inscrit dans la volonté du gouvernement de transition, dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, d'étendre l'autorité de Damas sur l'ensemble du territoire national. Un objectif légitime pour tout État souverain.
Un accord remis en question
En mars 2025, un accord historique avait été conclu entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition dominée par les Kurdes. Cet accord prévoyait l'intégration des institutions kurdes dans l'État syrien, incluant le contrôle unifié des frontières, aéroports et champs énergétiques.
Le président al-Sharaa a récemment promulgué un décret accordant des droits nationaux à la minorité kurde. "J'appelle tous ceux qui ont été contraints de quitter leurs terres à revenir en toute sécurité, sans condition, mais en abandonnant leurs armes", a-t-il déclaré.
Revendications autonomistes persistantes
L'administration autonome kurde du nord de la Syrie juge ce décret insuffisant, ne satisfaisant pas "les aspirations" du peuple kurde. Des manifestations de soutien aux FDS ont été organisées dans plusieurs villes kurdes, notamment à Qamichli.
Les Kurdes accusent le pouvoir syrien d'avoir "trahi" l'accord, particulièrement concernant le retrait de leurs forces du nord du pays. Cette posture révèle les défis de la reconstruction d'un État unifié après des années de fragmentation.
Escalade militaire
Face à l'impasse des négociations, les forces gouvernementales ont délogé les combattants kurdes de quartiers d'Alep la semaine dernière. Les FDS auraient fait sauter deux ponts menant vers Raqa, ancienne capitale de facto de l'État Islamique.
Cette escalade illustre les difficultés de la transition politique syrienne. Après avoir profité du chaos de la guerre civile pour s'emparer de vastes territoires, les milices kurdes résistent à la restauration de l'autorité étatique légitime.
La communauté internationale observe avec attention cette crise qui teste la capacité du nouveau pouvoir syrien à restaurer l'unité territoriale et institutionnelle du pays.