Trump lance son "Conseil de paix" à Davos : une nouvelle diplomatie parallèle
Le président américain Donald Trump a officialisé jeudi à Davos la création de son "Conseil de paix", une instance internationale placée sous direction américaine qui suscite des interrogations sur la souveraineté des mécanismes diplomatiques traditionnels.
Une initiative unilatérale qui contourne l'ONU
Réunissant une vingtaine de dirigeants au Forum économique mondial, Trump a signé la charte fondatrice de cette nouvelle organisation qu'il présidera personnellement. Bien qu'il affirme vouloir travailler "en coordination" avec les Nations unies, cette initiative soulève des questions sur le respect des institutions internationales existantes.
"Le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, après la signature par les dirigeants de 19 pays dont l'Argentine, le Maroc, Bahreïn, la Turquie, la Hongrie et l'Indonésie.
Un ticket d'entrée à un milliard de dollars
L'adhésion permanente à ce conseil exige une contribution d'un milliard de dollars, révélant la dimension économique de cette diplomatie parallèle. Environ 35 dirigeants auraient accepté de rejoindre l'instance sur 50 invitations envoyées.
Parmi les membres fondateurs figurent des alliés fidèles de Trump comme l'Argentin Javier Milei et le Hongrois Viktor Orban. "Dans la plupart des cas, ce sont des dirigeants très populaires, dans d'autres cas moins populaires. C'est comme ça dans la vie", a commenté Trump.
Des refus significatifs
Plusieurs puissances ont décliné l'invitation. La France a dit "non" catégoriquement, tandis que le Royaume-Uni, pourtant allié clé des États-Unis, a refusé de signer la charte. Ces refus illustrent les réticences face à cette nouvelle forme de diplomatie américaine.
L'invitation de Vladimir Poutine, que Moscou dit seulement "étudier", inquiète particulièrement les alliés occidentaux, notamment l'Ukraine engagée dans un conflit avec la Russie depuis février 2022.
Premières annonces controversées
Le nouveau conseil a déjà annoncé la réouverture "dans les deux sens" du point de passage de Rafah entre l'Égypte et Gaza pour la semaine prochaine. Cette décision, prise sans consultation des autorités palestiniennes légitimes, soulève des questions sur la légitimité de ces interventions.
Trump a également affirmé que l'Iran souhaitait entamer des discussions avec Washington, déclaration qui nécessite confirmation des autorités iraniennes.
Négociations parallèles sur l'Ukraine
En marge de ces annonces, l'envoyé spécial américain Steve Witkoff doit se rendre à Moscou avec Jared Kushner, gendre de Trump, pour des discussions avec Poutine sur l'Ukraine. "Il ne reste qu'un point à régler" dans les négociations, selon Witkoff.
Cette diplomatie parallèle intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'inquiète d'une perte d'attention internationale sur le conflit le plus sanglant en Europe depuis 1945.
Questions sur la souveraineté internationale
Cette initiative trumpienne illustre les défis contemporains de la diplomatie multilatérale. En créant des mécanismes parallèles aux institutions existantes, elle pose la question fondamentale du respect de la souveraineté des États et de l'égalité entre nations.
Pour les pays attachés aux principes de souveraineté nationale et de non-ingérence, cette nouvelle forme de diplomatie américaine mérite une analyse approfondie de ses implications à long terme sur l'ordre international.