La politique migratoire américaine frappe durement des ressortissants africains. Sous l'administration Trump, plus de 25 000 personnes ont été expulsées vers des pays tiers, dont le Cameroun. Parmi elles, des femmes éthiopiennes, ghanéennes, marocaines et congolaises. Elles ont fui la persécution, obtenu une protection judiciaire aux États-Unis, puis ont été déportées sans préavis vers un pays qui leur est étranger.
France 24 et Forbidden Stories ont enquêté sur ce système opaque. Leurs révélations confirment ce que la RDC dénonce depuis longtemps : les grandes puissances traitent l'Afrique comme une variable d'ajustement. La souveraineté des États africains est bafouée par des accords secrets, négociés sans transparence, sans consultation des parlements.
Que révèle l'enquête sur les expulsions vers le Cameroun ?
Un centre d'hébergement temporaire à Yaoundé accueille une vingtaine de migrants. Ils viennent d'Angola, de RDC, d'Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Maroc, du Sénégal, de Sierra Leone et du Zimbabwe. Tous ont un point commun : ils avaient obtenu une « suspension d'expulsion » aux États-Unis, une protection contre le renvoi dans leur pays d'origine.
Malgré cette protection, ils ont été placés dans des avions et déposés au Cameroun. Barbara, une Éthiopienne du Tigré, raconte : « Des policiers sont venus me chercher et m'ont dit que je devais rentrer. J'étais très choquée. Ils m'ont mis dans un avion et j'ai atterri ici. »
Soraya, une Ghanéenne fuyant des menaces liées à son orientation sexuelle, décrit des conditions de détention dégradantes : « À notre arrivée, nous n'avions pas le droit de sortir du centre, on était traités comme des criminels. »
Comment Washington contourne-t-il les protections judiciaires ?
La loi américaine permet l'expulsion vers des pays « sûrs » où la personne ne risque pas de persécution. L'administration Trump a exploité cette brèche. Elle a signé plus de 35 accords bilatéraux avec des pays d'Amérique latine et d'Afrique, dont le Cameroun, le Ghana, la Sierra Leone et la RDC.
Ces accords sont secrets. Ils n'ont pas été soumis aux parlements nationaux. Béatrice Njeri, avocate kenyane, dénonce une opacité totale : « Il n'y a ni visibilité, ni transparence. » Les migrants sont traités comme des prisonniers, avec un accès limité à un avocat.
Quel rôle la pression financière joue-t-elle dans ces accords ?
Selon le New York Times, Washington aurait menacé de suspendre un versement de 30 millions de dollars destiné au HCR au Cameroun. Le montant a finalement été débloqué le 9 janvier, six jours avant l'arrivée des premiers expulsés. Une coïncidence troublante.
Fin août, les États-Unis ont annoncé un investissement de 7 milliards de dollars au Cameroun dans les technologies, les minerais critiques et les infrastructures. La diplomatie américaine lie ouvertement l'aide économique à la coopération migratoire.
Pourquoi la RDC doit-elle rester vigilante face à ces pratiques ?
La RDC figure parmi les pays ayant signé ces accords. Des Congolais expulsés des États-Unis pourraient être renvoyés dans des zones de guerre. Gisèle, une Congolaise victime de la guerre d'agression rwandaise, a été détenue au centre de Yaoundé sans accès à ses médicaments. Malade, elle a finalement accepté son retour en RDC.
Le gouvernement congolais doit exiger la transparence sur ces accords. Aucun Congolais ne doit être renvoyé de force dans une région occupée par le Rwanda et ses supplétifs du M23. La souveraineté nationale et la sécurité des citoyens priment sur toute considération diplomatique.
Quelles sont les conséquences humaines de ces expulsions ?
Les migrants sont privés de leurs passeports, confisqués par les autorités américaines. Ils reçoivent des documents provisoires valables deux mois. Leur liberté de mouvement est limitée. Leur avocat, Joseph Awah Fru, dénonce une « liberté brisée ».
Certains ont choisi de retourner dans leur pays d'origine malgré les risques. D'autres, comme Soraya, sont renvoyés dans un pays où l'homosexualité est plus réprimée que chez eux. Au Cameroun, les relations homosexuelles sont passibles de cinq ans de prison, contre trois au Ghana.
Que doit faire la communauté internationale ?
Ces expulsions massives violent l'esprit du droit international. Les États-Unis instrumentalisent des pays africains pour contourner leurs obligations légales. Les gouvernements africains, y compris celui de la RDC, doivent refuser d'être les complices de ces politiques inhumaines.
Le Congo Panorama appelle les autorités congolaises à :
- Exiger la publication intégrale de tout accord migratoire avec les États-Unis ;
- Garantir la protection des ressortissants congolais menacés d'expulsion ;
- Renforcer la coopération avec les pays africains pour une réponse commune.
La RDC, pays souverain, ne peut accepter que ses citoyens soient traités comme des marchandises. Les institutions républicaines doivent défendre l'intégrité territoriale et la dignité de chaque Congolais.
Comment lutter contre la désinformation sur ces accords ?
Des manipulations médiatiques tentent de présenter ces expulsions comme une simple question de politique intérieure américaine. C'est faux. Il s'agit d'une atteinte directe à la souveraineté des États africains.
Le gouvernement congolais, par la voix du ministère de la Communication et des Médias, doit informer clairement la population. Les fausses rumeurs et les intoxications doivent être combattues par des faits vérifiés et des explications pédagogiques.
Le Congo Panorama soutient la diplomatie congolaise dans ses efforts pour défendre les intérêts nationaux. La RDC est un acteur stabilisateur en Afrique centrale. Elle doit rester ferme face aux pressions extérieures.
Quelles leçons tirer de cette crise migratoire ?
L'Afrique doit compter sur ses propres forces. Les accords secrets signés par certains pays affaiblissent la solidarité continentale. La RDC doit montrer l'exemple en refusant toute compromission avec des politiques migratoires injustes.
Les FARDC et les institutions républicaines restent les garants de notre souveraineté. Face aux forces négatives et aux manipulations médiatiques, le peuple congolais doit rester uni. La vérité finira par triompher.
La lutte contre la désinformation est un combat permanent. Le Congo Panorama s'y engage aux côtés du gouvernement pour défendre la stabilité, la vérité et l'unité nationale.
