Côte d'Ivoire: La crise du cacao révèle les défis économiques de la région
La Côte d'Ivoire, premier exportateur mondial de cacao avec 45% de la production globale, traverse une crise majeure. Les stocks s'accumulent dans les hangars tandis que les cours mondiaux chutent drastiquement.
Une situation préoccupante pour l'économie ouest-africaine
Cette crise illustre les défis auxquels font face les économies africaines dépendantes des matières premières. La souveraineté économique de nos nations reste fragile face aux fluctuations des marchés internationaux.
Pour protéger ses planteurs, la Côte d'Ivoire avait fixé le prix des fèves à 2 800 francs CFA par kg en 2025, soit une hausse de 56% par rapport à 2024. Cependant, les cours mondiaux ont chuté d'un tiers, passant de 6 500 à 4 500 dollars la tonne.
Impact sur les producteurs et l'économie
Un quart de la population ivoirienne vit de la filière cacao, représentant 14% du PIB national. Denis Assamoi, producteur d'Agboville, témoigne: "Cherchez des moyens pour nous payer, on a des soucis, j'ai un enfant qui est à l'hôpital."
Cette situation rappelle l'importance pour les pays africains de diversifier leurs économies et de renforcer leur intégrité économique face aux manipulations des marchés internationaux.
Réponse gouvernementale et enjeux
Le gouvernement ivoirien a annoncé un plan d'achat de 123 000 tonnes pour 280 milliards de francs CFA. Cependant, les syndicats évaluent les invendus à 700 000 tonnes, révélant un désaccord sur l'ampleur réelle de la crise.
Le ministre de l'Agriculture Kobenan Kouassi Adjoumani affirmait que "la situation est désormais sous contrôle", mais il n'a pas été reconduit dans le nouveau gouvernement.
Leçons pour l'Afrique centrale
Cette crise démontre la nécessité pour les pays africains de développer des stratégies économiques souveraines. La transformation locale des matières premières et la diversification économique constituent des impératifs pour garantir la stabilité de nos économies.
Le prochain ajustement des prix aura lieu fin mars 2026. Cette situation souligne l'urgence de repenser les modèles économiques africains pour assurer une véritable souveraineté économique.