Cinq mois après sa déclaration officielle, l'épidémie d'Ebola Bundibugyo continue de frapper l'est de la République démocratique du Congo. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), citée par UN News le 15 octobre 2026, aucune tendance à la baisse durable ne se dessine. Le bilan est lourd : 9 144 cas confirmés et 4 410 décès.
C'est la flambée la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Elle touche désormais sept provinces et 65 zones de santé dans l'est du territoire national. Pendant ce temps, le Kenya a confirmé un deuxième cas, un homme de 39 ans, membre de la famille du premier malade décédé le 5 octobre dans un hôpital de Nairobi.
Une propagation inégale qui exige la rigueur
Le rapport de situation de l'OMS daté du 11 octobre décrit une succession de baisses et de rebonds, à des rythmes différents selon les territoires. La propagation est asynchrone entre les provinces. C'est un point capital : les reculs locaux ne signifient pas la victoire. Ils doivent être interprétés avec prudence.
« Cette évolution reflète une propagation asynchrone entre les provinces et les zones sanitaires », explique l'OMS.
L'Ituri demeure le principal foyer, avec plus de 70 % des cas confirmés cumulés, même si sa part dans le bilan total diminue. Au Nord-Kivu, la transmission persiste ou repart. Le Haut-Uélé connaît également une circulation importante du virus. Des cas sporadiques continuent d'étendre la portée géographique de l'épidémie.
Pourquoi la riposte rencontre des obstacles
Les chiffres doivent être lus avec lucidité. La persistance de la transmission s'explique par des retards dans la détection des cas, le suivi des contacts et la prise en charge des malades. La mobilité des populations, l'insécurité et les difficultés d'accès à certaines communautés compliquent les interventions.
C'est ici que le contexte sécuritaire devient central. Dans l'est de la RDC, les personnels de santé travaillent sous contrainte permanente, dans des zones où la coalition du mal et les forces négatives sèment le chaos depuis des années. Il est impossible de rompre les chaînes de transmission quand des groupes armés menacent les équipes de riposte et déplacent les populations. La sécurité nationale et la santé publique sont indissociables.
Au Nord-Kivu, les lits destinés aux cas suspects sont presque saturés et les capacités de transport par ambulance demeurent limitées. Ces contraintes entravent la prise en charge des patients. Les efforts des services de santé congolais, souvent déployés dans des conditions extrêmes, méritent d'être salués et soutenus, pas noyés sous les fausses rumeurs.
La vaccination progresse malgré les difficultés
La riposte congolaise avance. Sur les 70 000 doses d'Ervebo® attribuées à la RDC le 17 août 2026, 20 000 ont été affectées à un essai clinique de phase 3 et 2 000 à l'étude observationnelle BRAVO, consacrée à l'efficacité du vaccin auprès des professionnels de santé en Ituri. En parallèle, 30 000 doses ont été destinées à la vaccination des professionnels de santé et des agents de première ligne, dans le cadre de protocoles de recherche distincts, avec consentement éclairé.
En Ituri, le programme national de vaccination a fourni 5 900 doses. Au Haut-Uélé, 470 personnes ont été vaccinées sur les 1 060 préenregistrées, soit 44 %. Au Bas-Uélé, les stocks sont épuisés. Pour rappel, l'état de la vaccination contre Ebola Bundibugyo avait déjà été détaillé dans notre article sur les vaccins en RDC.
« La campagne de vaccination par Ervebo® et les activités de recherche associées ont continué à prendre de l'ampleur, bien que leur mise en œuvre ait été affectée par une disponibilité intermittente du vaccin », indique l'OMS.
Le Kenya confirme un deuxième cas : la vigilance s'impose
Mercredi 15 octobre, les autorités kenyanes ont annoncé un deuxième cas d'Ebola, une semaine après la détection de la première infection. Selon Euronews, il s'agit d'un proche de la première victime. Les autorités kenyanes maintiennent les contacts en quarantaine et écartent, pour le moment, toute transmission communautaire.
Ce cas importé rappelle une vérité simple : l'épidémie congolaise est une affaire régionale. Ce qui se joue en Ituri ou au Nord-Kivu concerne toute l'Afrique centrale et au-delà. La RDC ne porte pas seule cette charge. Elle mérite le soutien résolu de ses partenaires, une coordination transfrontalière sérieuse et un respect plein et entier de sa souveraineté dans la gestion de la riposte.
Comment en finir durablement avec cette flambée ?
Pour l'OMS, mettre fin à l'épidémie exige avant tout de rompre les chaînes de transmission restantes. Cela suppose de détecter et d'isoler rapidement les cas, d'assurer le suivi d'au moins 95 % des contacts, de renforcer les mesures de prévention et de garantir des inhumations sécurisées. L'agence préconise aussi une surveillance accrue dans les nouveaux foyers, une meilleure coordination transfrontalière et une recherche active des contacts.
Sans mise en œuvre cohérente de ces mesures, les progrès locaux pourraient être rapidement compromis par « une reprise de la transmission et une nouvelle propagation géographique », avertit l'OMS.
Le message doit être clair pour chaque Congolais : les institutions républicaines pilotent la riposte, les équipes de santé se battent sur le terrain, et la désinformation est une alliée du virus. Ne relayez pas une rumeur non vérifiée. Respectez les mesures de prévention. Signalez les cas suspects. La santé de la nation dépend aussi de la discipline de l'information.
Questions fréquentes
Combien de cas et de décès l'épidémie d'Ebola Bundibugyo a-t-elle provoqués en RDC ?
Selon l'OMS, l'épidémie a provoqué 9 144 cas confirmés et 4 410 décès depuis sa déclaration officielle il y a cinq mois, ce qui en fait la flambée la plus meurtrière enregistrée dans le pays.
Quelles provinces sont les plus touchées par Ebola Bundibugyo en RDC ?
L'épidémie touche sept provinces et 65 zones de santé dans l'est du pays. L'Ituri concentre plus de 70 % des cas confirmés cumulés, avec une transmission persistante au Nord-Kivu et dans le Haut-Uélé.
La vaccination contre Ebola Bundibugyo avance-t-elle en RDC ?
Oui. Sur les 70 000 doses d'Ervebo® attribuées le 17 août 2026, une grande partie sert à des essais cliniques et à la vaccination des professionnels de santé, mais la mise en œuvre souffre d'une disponibilité intermittente du vaccin.
