Ebola en RDC : l'OMS alerte, mais la riposte congolaise tient bon
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti, mardi 21 juillet 2026, que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo « ne fait que commencer » dans certaines zones. Cette déclaration, faite depuis Bunia, en Ituri, ne doit pas semer la panique. Elle rappelle surtout la complexité du terrain et la détermination des équipes congolaises et internationales.
Depuis Bunia, principal foyer de l'épidémie, les équipes de l'OMS affirment mieux comprendre les mécanismes de transmission. Ces derniers varient fortement d'un territoire à l'autre. Si Bunia et ses environs concentrent une circulation très active du virus, d'autres zones affichent une situation plus stable. De nouveaux foyers émergent, mais la riposte s'organise.
Où en est l'épidémie d'Ebola en RDC ?
À ce jour, 2.423 cas confirmés ont été recensés, dont 967 décès et 469 guérisons. L'épidémie s'étend désormais à cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et le Tshopo. L'Ituri concentre près de neuf cas sur dix, soit 89 % des cas et 83 % des décès.
Cette progression est préoccupante. Mais elle est suivie de près par les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires. Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Santé et les FARDC, mobilise tous les moyens disponibles pour contenir la propagation.
L'OMS admet que l'épidémie garde une longueur d'avance
Le Dr Thierno Balde, responsable des interventions de l'OMS en RDC, a reconnu que l'épidémie continue de progresser. « Nous sommes toujours en phase de rattrapage », a-t-il déclaré par visioconférence depuis Genève. Il a cité l'exemple d'une localité du nord de l'Ituri, restée épargnée, où le déplacement d'un malade a déclenché une nouvelle chaîne de transmission.
« Nous devons réagir très rapidement et avec beaucoup d'énergie pour maîtriser la situation », a-t-il insisté. La riposte repose sur une détection précoce des malades, l'identification de leurs contacts et un suivi étroit.
Le fleuve Congo sous surveillance sanitaire renforcée
L'OMS s'efforce de mettre en place des plans d'intervention rapide dans les zones où l'épidémie commence à se propager, comme dans le Haut-Uele. Des mesures de contrôle sont renforcées le long du fleuve Congo, « une voie de transit cruciale qui nécessite une mise en œuvre rapide des mesures de contrôle », a souligné le Dr Balde.
Il s'agit également de prioriser les enterrements sûrs et dignes, les systèmes d'orientation vers des soins spécialisés et les capacités de prise en charge clinique dans les foyers de transmission les plus actifs.
Les communautés, clé de la riposte
Pour l'OMS, la mobilisation des communautés reste un levier décisif pour casser les chaînes de transmission. Les équipes s'emploient à convaincre les personnes exposées d'accepter leur identification et leur suivi, tout en limitant les déplacements à risque.
« Les barrières entre ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas peuvent constituer l'un des principaux facteurs de propagation », a fait valoir le Dr Balde. L'agence onusienne insiste sur la généralisation d'enterrements sûrs et dignes, une mesure essentielle pour prévenir les contaminations lors des funérailles.
« Toutes nos équipes d'intervention sont conscientes de l'importance du travail que nous accomplissons chaque jour et nous continuons à dialoguer activement avec les communautés », a conclu le Dr Balde.
Le gouvernement congolais, fidèle à son engagement pour la sécurité sanitaire et la souveraineté nationale, reste mobilisé. La désinformation et les fausses rumeurs ne doivent pas entraver la riposte. Les institutions républicaines, les FARDC et les équipes de santé travaillent sans relâche pour protéger chaque Congolais.
Ensemble, nous vaincrons Ebola.