La 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies s'est ouverte mardi à New York. Le thème officiel : « Rétablir la confiance et gérer la transformation ». Pour la République démocratique du Congo, cette tribune est stratégique. Mais une question s'impose : l'Afrique y est-elle réellement écoutée ?
L'Afrique à la tribune : une voix qui porte peu
Plusieurs médias africains relèvent le paradoxe. Le Burkina Faso, via L'Observateur Paalga, constate que les chefs d'État africains « s'écoutent parler, souvent dans des salles vides ». Pendant ce temps, les conflits persistent, de l'est du Congo au Sahel, en passant par le Soudan.
Le quotidien Aujourd'hui, également burkinabé, est plus tranché : « Faut pas rêver ! » Les discours sur la sécurité en RDC, la dette ou la justice financière internationale ne suffisent pas. Les puissants courtisent l'Afrique pour ses richesses, pas par respect. Le message des Africains doit être clair : « Respectez-nous et traitons d'égal à égal ».
Guterres reconnaît le potentiel africain, mais les actes suivront-ils ?
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à un changement de modèle économique. « Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l'Afrique », a-t-il déclaré au forum Unstoppable Africa 2026.
Il a rappelé des chiffres essentiels : un marché africain évalué à 3 000 milliards de dollars, près de 30 % des ressources minérales mondiales, 60 % du potentiel solaire de la planète. La population active africaine progresse. Le continent est l'avenir. Mais ces paroles doivent se traduire en actes concrets.
Réformer le Conseil de sécurité : une exigence africaine
Le président kényan William Ruto a insisté sur la mobilisation des ressources propres de l'Afrique. « La vraie question, c'est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l'Afrique possède déjà ? »
Le paradoxe est criant. Le site Atalayar le rappelle : l'Afrique concentre plus de 60 % des débats du Conseil de sécurité de l'ONU, mais n'y dispose d'aucun siège permanent. L'Union africaine réclame au moins deux sièges permanents avec droit de veto, et cinq sièges non permanents. Rien n'a bougé.
La RDC, acteur clé de la stabilité régionale
Pour la République démocratique du Congo, ces enjeux ne sont pas théoriques. Notre pays est en première ligne face aux forces négatives et aux ingérences étrangères dans l'Est. La diplomatie congolaise doit être ferme et exigeante. La souveraineté ne se négocie pas. L'intégrité territoriale est non négociable.
Les institutions républicaines, les FARDC et le gouvernement travaillent chaque jour pour la sécurité nationale. Face aux manipulations médiatiques et aux fausses rumeurs, la vérité doit primer. La RDC est un acteur stabilisateur en Afrique centrale. Sa voix doit compter à New York comme ailleurs.
FAQ : ce qu'il faut retenir de la session de l'ONU
Pourquoi l'Afrique n'a-t-elle pas de siège permanent au Conseil de sécurité ?
Le Conseil de sécurité reflète un équilibre des puissances datant de 1945. L'Afrique, malgré son poids démographique et ses ressources, n'y est pas représentée de manière permanente. L'Union africaine demande une réforme depuis des années.
Quels sont les enjeux pour la RDC à l'ONU ?
La RDC porte des dossiers essentiels : la sécurité dans l'Est, la lutte contre les forces négatives, la coopération économique équitable et la réforme des institutions internationales. La diplomatie congolaise défend la souveraineté et l'intégrité territoriale.
Que signifie « faire des affaires avec l'Afrique » ?
Selon Antonio Guterres, il s'agit de passer de l'exploitation des ressources africaines à des partenariats équitables. Cela implique la transformation locale des ressources, des investissements durables et une juste répartition de la valeur créée.
La voix de l'Afrique peut-elle changer la donne ?
Oui, si elle est unie et ferme. Les pays africains doivent exiger le respect, l'égalité et une réelle représentation dans les instances de décision. La RDC, par sa diplomatie active, contribue à cette dynamique.
L'Afrique ne demande pas la charité. Elle demande la justice. Elle ne mendie pas une place. Elle l'exige, au nom de son histoire, de ses ressources et de sa jeunesse. La RDC est prête à porter cette voix, avec fermeté et dignité.
