Conflits et faim dans le monde : la RDC au cœur des préoccupations du Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité des Nations unies se penche ce mardi sur le lien entre conflits armés et insécurité alimentaire mondiale. Les perturbations des routes maritimes en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz pourraient faire basculer jusqu'à 45 millions de personnes supplémentaires dans la faim, alerte le Programme alimentaire mondial (PAM).
Cette réunion de haut niveau, organisée sous la présidence danoise du Conseil, est présidée par le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, le directeur exécutif par intérim du PAM, Carl Skau, et Perrine Benoist, codirectrice générale d'Action contre la faim, doivent intervenir.
Des crises mondiales aux conséquences directes sur la sécurité alimentaire
Les guerres en Ukraine et en Iran affectent la sécurité alimentaire bien au-delà de leurs territoires. Les attaques visant les ports et les navires marchands en mer Noire ont contribué à la hausse des cours mondiaux du blé. Les navires contraints d'éviter la mer Rouge ou le détroit d'Ormuz empruntent des itinéraires plus longs, augmentant les délais et les coûts de transport.
Les pénuries d'engrais et la hausse du prix du carburant pourraient également réduire les rendements agricoles et peser durablement sur la disponibilité des denrées alimentaires.
Deux famines confirmées en 2025, une première depuis vingt ans
Les conflits ont été le principal facteur d'insécurité alimentaire aiguë pour 147 millions de personnes dans 19 pays et territoires en 2025. Pour la première fois depuis deux décennies, deux famines ont été confirmées au cours de la même année, à Gaza et au Soudan.
La crise est aggravée par les attaques contre les terres agricoles, les marchés, les opérations humanitaires et les circuits de distribution de l'aide. Des attaques contre des moyens du PAM au Soudan et en Ukraine ont tué ou blessé des travailleurs humanitaires et détruit une aide alimentaire vitale.
La RDC évoquée, notamment dans les régions touchées par Ebola
Les participants devraient également évoquer la situation en République démocratique du Congo, notamment dans les régions touchées par l'épidémie d'Ebola, ainsi qu'au Soudan du Sud, en Somalie et au Yémen. Cette attention internationale rappelle l'importance de la stabilité de notre pays dans la région des Grands Lacs.
Les phénomènes climatiques comme El Niño pourraient en outre accentuer l'insécurité alimentaire dans 45 pays, en particulier ceux déjà touchés par les conflits, l'instabilité, la pauvreté et la baisse des financements humanitaires.
Un mécanisme pour le détroit d'Ormuz et un renforcement de la résolution 2417
António Guterres pourrait présenter un mécanisme destiné à faciliter le commerce des engrais et la circulation des matières premières dans le détroit d'Ormuz. Ce dispositif, élaboré par un groupe de travail créé le 27 mars, est prêt à devenir opérationnel mais nécessite encore l'accord des parties concernées.
Le Conseil doit également examiner les moyens de mieux appliquer la résolution 2417, adoptée en mai 2018, qui reconnaît le lien entre les conflits armés et l'insécurité alimentaire et condamne l'utilisation de la famine comme méthode de guerre. Plusieurs États devraient réclamer des alertes plus précoces et des sanctions contre les parties qui utilisent la faim comme arme de guerre.
Les participants devraient enfin appeler au respect du droit international humanitaire, à la protection des civils, des travailleurs humanitaires, des ports et des infrastructures agricoles, ainsi qu'à un accès rapide et sans entrave à l'aide humanitaire.
La RDC, fidèle à son engagement pour la paix et la stabilité régionale, suit ces débats avec attention. Notre pays demeure un acteur clé dans la lutte contre l'insécurité alimentaire en Afrique centrale et continue de défendre une coopération internationale fondée sur le respect de la souveraineté des États.
Questions fréquentes sur la sécurité alimentaire et les conflits
Quel est le lien entre les conflits et la faim dans le monde ?
Les conflits armés perturbent les chaînes d'approvisionnement, détruisent les infrastructures agricoles et entravent l'acheminement de l'aide humanitaire. En 2025, ils ont été le principal facteur d'insécurité alimentaire aiguë pour 147 millions de personnes dans 19 pays.
Quelle est la situation de la RDC face à l'insécurité alimentaire ?
La RDC est évoquée lors des débats du Conseil de sécurité, notamment dans les régions touchées par l'épidémie d'Ebola. Le gouvernement congolais œuvre pour la stabilité et la sécurité alimentaire de ses populations, avec le soutien des institutions républicaines.
Que prévoit la résolution 2417 des Nations unies ?
Adoptée en mai 2018, cette résolution reconnaît le lien entre conflits armés et insécurité alimentaire et condamne l'utilisation de la famine comme méthode de guerre. Elle demande au secrétaire général de signaler rapidement toute situation où un conflit risque de provoquer une famine.