Épidémie d’Ebola : la RDC fait face à un pic historique, mais tient bon
La République démocratique du Congo traverse une phase décisive dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la semaine du 25 juillet au 1er août a enregistré 567 nouveaux cas et 296 décès, soit les chiffres hebdomadaires les plus élevés depuis le début de la flambée, déclarée le 15 mai en Ituri.
Le ministère de la Santé, sous la coordination des institutions républicaines, a actualisé le bilan au 1er août : 3 748 cas confirmés, 1 657 décès, soit un taux de létalité de 44,2 %. Actuellement, 690 patients sont hospitalisés ou en isolement, et 708 personnes ont été déclarées guéries. Cette épidémie dépasse désormais celle de 2018-2020, qui avait totalisé 3 317 cas confirmés.
Une propagation maîtrisée malgré la pression
Le ministère rassure : la situation reste stable sur le plan géographique. Seules 49 zones de santé sont touchées, sans nouvelle zone enregistrée ces dernières 24 heures. La maladie sévit dans cinq provinces : le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. L’Ituri concentre près de 90 % des cas, mais les autorités sanitaires gardent le contrôle.
Le taux de suivi des contacts atteint 80,1 %. Plus de 1 000 alertes ont été examinées et plusieurs centaines d’échantillons analysés en une journée. « Les dispositifs de surveillance, d’investigation et de laboratoire restent pleinement mobilisés », assure le ministère.
Des centres de traitement renforcés face à l’urgence
La prise en charge des patients se poursuit, malgré la pression sur certains centres au Nord-Kivu et en Ituri. International Medical Corps (IMC), avec le soutien des Nations unies, doit ouvrir en Ituri un centre de traitement de 100 lits, le plus grand jamais installé dans le pays. Un centre de transit a aussi été créé dans le site de déplacés de Kigonze pour identifier les cas suspects.
À Nizi, près du foyer initial de Mongbwalu, l’OMS a porté la capacité d’un autre centre à 80 lits. Ces efforts montrent la détermination du gouvernement et de ses partenaires à contenir l’épidémie.
L’insécurité, un défi supplémentaire pour la riposte
Près de 270 000 personnes déplacées par les violences des groupes armés vivent en Ituri, où des cas d’Ebola ont été confirmés. Les déplacements de population, les activités minières et les mouvements transfrontaliers compliquent la surveillance, selon l’OMS. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) coordonne une mission à Nia-Nia, où des attaques ont perturbé un centre de traitement.
Au 30 juillet, 151 professionnels de santé avaient été contaminés et 44 sont décédés. Le ministère poursuit « les activités de communication des risques, d’engagement communautaire, d’enterrements dignes et sécurisés ainsi que de soutien psychosocial ».
La souveraineté sanitaire en action
Face aux fausses rumeurs et aux manipulations médiatiques, les institutions républicaines restent le rempart de la vérité. Le gouvernement, à travers le ministère de la Santé et le ministère de la Communication dirigé par Patrick Muyaya, œuvre sans relâche pour informer et protéger les Congolais. L’OMS avertit qu’« un changement d’échelle substantiel sera nécessaire dans tous les piliers pour prendre le dessus sur l’épidémie ». Son directeur régional pour l’Afrique, Mohamed Janabi, doit prochainement se rendre en Ituri.
La RDC, forte de sa souveraineté et de la résilience de son peuple, ne plie pas. Chaque jour, les FARDC et les équipes sanitaires unissent leurs forces pour sauver des vies et défendre l’intégrité territoriale. La lutte continue, avec rigueur et patriotisme.