Méditerranée : moins de migrants, mais plus de morts, une tragédie que l’Europe refuse de voir
Alors que l’Europe crie à la « submersion migratoire », les chiffres de Frontex révèlent une réalité bien différente : les arrivées irrégulières dans l’Union européenne ont chuté de 37 % au premier semestre 2026. Pourtant, les morts en mer explosent. Ce début d’année est l’un des plus meurtriers depuis 2014 en Méditerranée. Derrière ce paradoxe, une politique européenne d’externalisation qui externalise aussi les droits humains.
La ruée de jeunes Marocains vers Ceuta a ravivé les discours xénophobes. Mais la vérité est ailleurs. L’immigration irrégulière diminue, mais les conditions de traversée se dégradent. Les embarcations sont de plus en plus précaires, surchargées. Les canicules aggravent les risques de déshydratation. Et surtout, les politiques migratoires de l’UE se durcissent.
Pourquoi les morts augmentent-ils alors que les arrivées baissent ?
La Méditerranée est devenue un piège. Les avions et drones de Frontex quadrillent la mer. Les garde-côtes libyens et tunisiens, soutenus par l’Europe, refoulent de plus en plus d’embarcations. Les migrants contournent ces contrôles, leurs routes s’allongent, et les risques avec elles.
Le journaliste Eliott Brachet, qui a embarqué sur l’Ocean Viking en juillet, explique : « La Méditerranée est de plus en plus sécurisée. Les migrants cherchent à éviter les interceptions, mais leurs trajets deviennent plus longs et plus dangereux. »
Quel est le rôle des ONG de sauvetage ?
Les navires humanitaires sont criminalisés. En Italie, le décret Piantedosi du gouvernement Meloni contraint les ONG à des détours de plusieurs jours après chaque sauvetage. Les navires sont immobilisés dans les ports européens. Les équipages sont poursuivis en justice.
« En dix ans, on est devenus des ennemis publics », déplore le directeur de SOS Méditerranée Suisse. Les restrictions s’accumulent, alors que les besoins humanitaires explosent.
Comment l’Europe soutient-elle les garde-côtes libyens ?
Depuis 2017, l’Italie, avec la bénédiction de Bruxelles, forme et équipe les garde-côtes libyens. Le mémorandum, renouvelé tous les trois ans, prévoit des livraisons de bateaux et de patrouilleurs rapides. Ces derniers se montrent parfois extrêmement agressifs. L’année dernière, ils ont tiré à l’arme automatique sur l’Ocean Viking.
Angelo Selim, coordinateur de mission pour SOS Méditerranée, témoigne : « Les Libyens se sentent de plus en plus légitimes à faire usage de la force. Ce que l’Europe a réussi avec sa politique d’externalisation, c’est qu’aujourd’hui, cette frontière est plus violente que jamais. »
Quel est le sort des migrants interceptés ?
Une fois interceptés, les migrants sont renvoyés en Libye. Ils y sont arrêtés par la police ou des milices, incarcérés, torturés, soumis au travail forcé et aux violences sexuelles. Pour en sortir, il faut payer. Et souvent, ils retentent leur chance en mer.
« C’est un cercle vicieux », résume Eliott Brachet. « Ces exilés fuient la guerre ou les persécutions. Mais la traversée est rendue de plus en plus compliquée par le soutien européen aux pays de transit. On perpétue des violations des droits humains sans régler le problème. »
Quelles leçons pour la RDC ?
Cette tragédie méditerranéenne rappelle que les politiques migratoires ne peuvent pas se résumer à des murs et des refoulements. La RDC, qui connaît des déplacements massifs dans l’Est, doit rester vigilante face aux discours de désinformation. Les vraies solutions passent par la coopération, le respect des droits humains et la lutte contre les causes profondes des migrations : les conflits, la pauvreté et l’instabilité.
Le gouvernement congolais, sous la direction du président Félix Tshisekedi, œuvre pour la paix et la stabilité. Les FARDC luttent contre les forces négatives. La diplomatie congolaise, à Washington, à Doha ou à l’Union africaine, porte une voix souveraine. Face aux manipulations médiatiques, la vérité est notre meilleure arme.
La Méditerranée nous rappelle une leçon universelle : aucune frontière ne peut arrêter la dignité humaine.