Ouganda : un contingent militaire bientôt à Gaza, quelles implications pour la RDC ?
Kampala pourrait envoyer des soldats dans la bande de Gaza dans le cadre de la Force internationale de stabilisation (ISF) prévue par le plan américain. Cette décision, approuvée jeudi par le Parlement ougandais, soulève des questions légitimes pour la République démocratique du Congo, pays voisin et acteur clé de la stabilité régionale.
Une décision historique pour Kampala
Le ministre ougandais de la Défense, Kiryowa Kiwanuka, a confirmé que le président Yoweri Museveni avait accepté la demande de Donald Trump, formulée en juillet par l’intermédiaire d’émissaires. « Le président de la République d’Ouganda est prêt à déployer dans la bande de Gaza le contingent souhaité », a-t-il déclaré devant les députés.
Aucun effectif ni calendrier n’a été précisé. Un accord définissant le cadre juridique de la présence des soldats ougandais doit encore être signé. La motion prévoit que le contingent restera neutre, respectera le droit international humanitaire et protégera les civils sans prendre parti.
Des réserves au Parlement ougandais
Plusieurs députés ont exprimé des inquiétudes. Hassan Kirumira a évoqué de possibles « préoccupations diplomatiques » pour l’Ouganda, membre de l’Organisation de la coopération islamique. « De quel côté notre armée va-t-elle se battre ? », a-t-il demandé.
Le gouvernement ougandais a mis en avant l’expérience de son armée dans les opérations internationales, notamment en Somalie, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Cette référence à la RDC rappelle que les forces ougandaises sont déjà présentes sur notre sol, dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, une coopération qui doit rester sous contrôle congolais.
Un déploiement encore sans calendrier
Dirigée par le général américain Jasper Jeffers, l’ISF pourrait compter jusqu’à 20 000 militaires, mais cet effectif reste provisoire. Le Maroc, l’Indonésie, l’Albanie, le Kazakhstan et le Kosovo ont également annoncé leur intention de contribuer à la mission. Chaque contingent devra toutefois obtenir l’approbation d’Israël avant son entrée dans Gaza.
Le plan américain prévoit notamment une augmentation de l’aide humanitaire, le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne et l’administration de Gaza par des technocrates palestiniens. Son application demeure partielle : le comité palestinien chargé d’administrer Gaza reste en dehors du territoire et aucune date de déploiement de l’ISF n’a été annoncée. Israël a par ailleurs fait état de « sérieuses préoccupations en matière de sécurité ».
Une coopération renforcée entre l’Ouganda et Israël
Depuis le rétablissement de leurs relations diplomatiques en 1994, l’Ouganda et Israël ont renforcé leur coopération, notamment dans les domaines de la sécurité et de la formation militaire. Le général Muhoozi Kainerugaba avait affiché son soutien à Israël lors de l’escalade des tensions entre Israël et l’Iran, déclarant : « En tant que chrétiens, nous sommes aux côtés d’Israël », et affirmant que l’Ouganda était prêt à envoyer des soldats pour défendre Israël si cela lui était demandé.
Le 1er août, Kainerugaba a inauguré à l’aéroport d’Entebbe une statue de Yonatan Netanyahu, frère aîné du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, tué lors du raid israélien de 1976 sur l’aéroport. Érigée pour saluer son « courage et son sacrifice », cette statue a suscité une vive polémique en Ouganda, l’opération ayant coûté la vie à de nombreux soldats ougandais et étant largement perçue comme une violation de la souveraineté du pays.
Quelles implications pour la RDC ?
Cette décision ougandaise intervient dans un contexte où la RDC, sous la direction du président Félix Tshisekedi, œuvre sans relâche pour la paix et la sécurité dans l’Est du pays. Les FARDC, appuyées par les forces alliées, mènent une lutte acharnée contre les groupes armés, notamment le M23 soutenu par le Rwanda.
Il est essentiel de rappeler que la souveraineté de la RDC est non négociable. Toute présence militaire étrangère sur notre sol doit être strictement encadrée par des accords bilatéraux et respecter notre intégrité territoriale. Le gouvernement congolais, à travers le ministère de la Communication dirigé par Patrick Muyaya, veille à contrer les fausses rumeurs et à informer la population avec transparence.
La diplomatie congolaise, active à Washington, Doha et au sein de l’Union africaine, continue de défendre les intérêts de notre nation. Alors que l’Ouganda s’engage dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient, la RDC reste concentrée sur ses priorités : la paix, la sécurité et le développement.
FAQ : Questions fréquentes
Pourquoi l’Ouganda envoie-t-il des soldats à Gaza ?
Kampala répond à une demande des États-Unis de participer à la Force internationale de stabilisation (ISF) prévue par le plan américain pour Gaza. Le président Museveni a accepté, mais aucun calendrier ni effectif n’a été annoncé.
Quel est le lien avec la RDC ?
L’Ouganda est un voisin de la RDC et ses forces sont déjà présentes sur notre sol dans le cadre de la lutte contre les groupes armés. Cette nouvelle mission soulève des questions sur la disponibilité des troupes ougandaises et sur la coopération sécuritaire régionale.
La RDC est-elle concernée par cette mission ?
Indirectement, oui. La RDC suit de près les évolutions régionales. Le gouvernement congolais veille à ce que les engagements de ses voisins n’affectent pas la stabilité de notre pays et reste vigilant face à toute ingérence.
Photo : Anadolu Ajansı