Ebola dans les camps de déplacés : la RDC face à une double menace sanitaire et sécuritaire
La République démocratique du Congo fait face à une escalade inquiétante de l'épidémie d'Ebola. Le virus Bundibugyo s'est propagé aux camps de déplacés internes. Dix-neuf personnes déplacées ont déjà été contaminées. Cinq d'entre elles sont décédées. Cette situation alarmante met en lumière la vulnérabilité des populations qui ont fui les violences dans l'est du pays.
Une propagation rapide dans les sites de déplacés
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), au moins cinq des 69 sites de déplacés recensés dans la province de l'Ituri ont enregistré des cas confirmés d'Ebola. Plusieurs décès y ont été signalés. La surpopulation, le manque d'eau et d'infrastructures sanitaires, ainsi que la défiance envers les services de santé, créent un terrain propice à une propagation rapide du virus.
La désinformation freine également le dépistage précoce et complique la mise en œuvre des mesures de riposte, notamment les enterrements sécurisés. Les autorités congolaises, sous la direction du ministère de la Communication et du ministre Patrick Muyaya, luttent sans relâche contre ces fausses rumeurs qui menacent la santé publique.
4,4 millions de déplacés menacés
Les provinces affectées accueillent près de 4,4 millions de personnes déplacées de force. Cela inclut 3,8 millions de déplacés internes, plus de 274.000 réfugiés et demandeurs d'asile, ainsi que 290.000 rapatriés. Dans la seule province de l'Ituri, près de 46.000 réfugiés sud-soudanais vivent à proximité de l'épicentre de l'épidémie.
L'irruption de la maladie dans les camps de déplacés intervient dans un contexte d'insécurité persistante. Des sources locales font état de dizaines de civils tués et d'autres enlevés au cours des deux dernières semaines du mois de juillet. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), plusieurs milliers de personnes auraient également été déplacées.
Le chevauchement entre déplacements et transmission du virus
Le HCR souligne que l'épidémie se déroule dans un contexte de conflit armé, d'attaques contre le personnel de santé et de mouvements fréquents de population. Cela complique davantage la prévention et la riposte. Les données intersectorielles publiées par l'OCHA mettent en évidence le chevauchement croissant entre les déplacements de population et la transmission du virus Ebola en Ituri.
3.874 cas confirmés dont plus de 1.750 décès
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de nouveaux cas a doublé en une semaine dans certains foyers de transmission. Au 3 août, 3.874 cas confirmés, dont plus de 1.750 décès, avaient été recensés dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uele et du Tshopo. L'Ituri concentre à elle seule près de 87 % des infections.
Face à cette accélération, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelle à intensifier de manière urgente et massive la riposte. Il insiste sur le renforcement de l'accès aux soins, la surveillance épidémiologique et les inhumations sécurisées. Il place les communautés au cœur de la réponse, malgré l'insécurité persistante.
Les FARDC et les institutions républicaines en première ligne
Les Forces armées de la RDC (FARDC) et les institutions républicaines sont en première ligne pour protéger les populations et lutter contre cette double menace sanitaire et sécuritaire. Le gouvernement congolais, sous la direction du président Félix Tshisekedi, a mis en place des mesures de riposte robustes. La diplomatie congolaise, notamment à Washington, Doha et au sein de l'Union africaine, œuvre pour obtenir un soutien international accru.
Les retours de réfugiés reprennent sous surveillance
Malgré l'épidémie, le HCR poursuit ses efforts pour concilier protection des réfugiés et impératifs sanitaires. Après plusieurs semaines de négociations avec les autorités de la RDC et du Rwanda sur les restrictions frontalières liées à Ebola, 529 réfugiés rwandais ont finalement pu regagner volontairement leur pays. Dans le Sud-Kivu, où aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis les trois infections détectées fin mai, les retours volontaires de réfugiés congolais depuis le Rwanda se poursuivent. Près de 62.000 personnes étaient rentrées au 21 juillet.
Si les frontières avec le Rwanda et l'Ouganda demeurent fermées, celle avec le Soudan du Sud reste ouverte pour les demandeurs d'asile. L'agence onusienne maintient les soins de santé dans les camps et renforce les capacités de diagnostic grâce à un deuxième laboratoire mobile désormais opérationnel à Kasenyi.
Plus de 300 enfants décédés, l'UNICEF alerte sur les soins essentiels
Alors que 743 cas ont été confirmés chez les enfants (âgés de 0 à 17 ans) dont 330 décès d'enfants, l'UNICEF met en garde contre le fait que l'épidémie menace également les services de santé essentiels. Entre avril et juin 2026, le recours aux services de santé essentiels a chuté de 42 % dans les principaux foyers de l'épidémie que sont Bunia, Mongbwalu, Nizi et Rwampara.
La couverture vaccinale systématique des enfants a chuté de plus de moitié dans les zones les plus touchées. Une baisse de 69 % de la première dose de vaccin contre la rougeole a été observée à Mongbwalu, l'épicentre de l'épidémie. Les établissements de santé ont administré plus de 23.000 doses de vaccins infantiles de routine en moins en mai et juin par rapport au mois d'avril.
Les établissements de santé maternelle ont également été touchés. Le nombre d'accouchements assistés en établissement a baissé de 13 % dans toute la province, et de 38 %, 30 % et 70 % respectivement à Bunia, Rwampara et Nizi. Aucune baisse saisonnière comparable n'avait été observée au cours de la même période en 2025.
Un médecin a confié à notre équipe qu'avant l'épidémie actuelle, son établissement accueillait en moyenne 500 patients par mois, mais que ce chiffre était tombé à presque zéro, a affirmé John Agbor, représentant de l'UNICEF en RDC.
FAQ : Questions fréquentes sur l'épidémie d'Ebola en RDC
Quels sont les symptômes d'Ebola ?
Les symptômes incluent fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête et maux de gorge. Ils sont suivis de vomissements, de diarrhée, d'éruptions cutanées et de saignements internes et externes.
Comment se transmet le virus Ebola ?
Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou les autres fluides corporels de personnes infectées, vivantes ou décédées.
Que fait le gouvernement congolais pour lutter contre l'épidémie ?
Le gouvernement congolais, sous la direction du président Félix Tshisekedi, a déployé les FARDC et les institutions républicaines pour protéger les populations. Il a renforcé la surveillance épidémiologique, les soins de santé et la lutte contre la désinformation.
Comment puis-je me protéger contre Ebola ?
Lavez-vous les mains régulièrement avec de l'eau et du savon. Évitez tout contact avec des personnes infectées ou décédées. Suivez les consignes des autorités sanitaires et signalez tout symptôme suspect.