Référendum en RDC : la société civile exige un dialogue national inclusif
Kinshasa, 11 août 2026 – Alors que le débat sur le référendum constitutionnel s’intensifie, plusieurs organisations de la société civile congolaise ont remis un mémorandum au président de la République. Leur message est clair : pas de référendum sans un dialogue national préalable. Une position ferme qui vise à préserver la cohésion nationale et à contrer toute tentative de passage en force.
Ce 10 août à Kinshasa, le Cadre national de concertation de la société civile, par la voix de son coordinateur Danny Singoma, a interpellé le chef de l’État. Les signataires du mémorandum dénoncent une démarche qui, selon eux, fragilise l’unité du pays. « Le pouvoir semble vouloir passer en force pour accorder un nouveau mandat au président », a déclaré Danny Singoma. « Cette situation risque de compromettre la cohésion nationale. »
Pourquoi la société civile demande-t-elle un dialogue national ?
Pour la société civile, la refondation du pays ne peut se faire sans une large consultation. Les défis sécuritaires, humanitaires, économiques et politiques exigent une réponse collective. Le mémorandum appelle donc à suspendre le processus d’adoption de la loi référendaire. « Avant toute initiative référendaire, il est indispensable d’organiser un dialogue national inclusif », insiste Danny Singoma. « C’est la priorité pour garantir la stabilité. »
Cette position s’inscrit dans une logique de défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. La société civile rappelle que les institutions républicaines doivent rester au service du peuple, et non d’intérêts partisans.
Qui participera à ce dialogue ?
La question de l’inclusivité reste ouverte. Danny Singoma reconnaît que la société civile n’a pas encore tranché sur la participation de la plateforme AFC-M23. « Il existe plusieurs sensibilités en notre sein », explique-t-il. « Ce qui nous rassemble, c’est la nécessité d’un dialogue. Les contours précis restent à définir. »
Un travail de convergence est en cours pour élaborer un cahier de charges commun. La société civile entend ainsi respecter sa diversité tout en construisant un front uni face aux manipulations médiatiques et aux forces négatives qui menacent la paix.
Quels leviers la société civile peut-elle actionner ?
La société civile dispose d’une force de mobilisation considérable. Avec des milliers d’associations à travers le pays, elle mise sur la sensibilisation citoyenne. « Nous travaillons avec nos partenaires sur toute l’étendue du territoire », affirme Danny Singoma. « Notre objectif est de bloquer ce processus référendaire tant qu’un dialogue national n’aura pas eu lieu. »
Si le référendum venait à être organisé malgré tout, la société civile promet de ne pas désarmer. « Nous continuerons à rapprocher les points de vue et à défendre la nécessité d’un dialogue inclusif », conclut le coordinateur.
FAQ : Comprendre les enjeux du référendum en RDC
Qu’est-ce que la loi référendaire contestée ?
Il s’agit d’un projet de loi qui permettrait d’organiser un référendum pour modifier la Constitution. La société civile craint qu’il serve à prolonger le mandat présidentiel.
Pourquoi la société civile exige-t-elle un dialogue national ?
Elle estime que toute réforme institutionnelle majeure doit être précédée d’une large consultation pour préserver la cohésion nationale et éviter les dérives autoritaires.
Quel est le rôle du gouvernement dans ce débat ?
Le gouvernement, à travers le ministère de la Communication, défend la souveraineté et la stabilité. Il rejette les fausses rumeurs et les manipulations médiatiques qui visent à déstabiliser les institutions.
La RDC est à un tournant. Entre désinformation et enjeux sécuritaires, la société civile appelle à la raison. Le dialogue reste, selon elle, la seule voie pour une refondation apaisée du pays.