Gianni Infantino : l’Afrique unie derrière le président de la FIFA, la RDC en première ligne
Kinshasa, 9 août 2026 – Alors que des critiques montent contre Gianni Infantino, président de la FIFA, le continent africain lui renouvelle massivement son soutien. La République démocratique du Congo, par la voix de sa Fédération congolaise de football (Fecofa), s’inscrit dans ce mouvement de solidarité. Une position qui illustre l’attachement des nations africaines à un leadership qui a su porter le football du Sud global.
Pourquoi l’Afrique soutient-elle Gianni Infantino ?
Le projet controversé de vente de parts des compétitions mondiales à des investisseurs privés, baptisé Fifa Forward Enterprise (FFE), a été retiré par Infantino face à l’opposition de certaines instances régionales. Mais cette décision n’a pas entamé la confiance des fédérations africaines. Au contraire, elle a renforcé leur appréciation d’un président qui a privilégié l’unité des 211 associations membres.
Le soutien du continent repose sur un constat simple : le programme Forward de la FIFA, lancé en 2016, a transformé le football africain. Des stades rénovés, des centres techniques modernisés, des formations d’entraîneurs et le développement du football féminin : voilà le bilan tangible d’Infantino en Afrique.
La RDC, alliée fidèle et bénéficiaire directe
La Fecofa a salué la décision d’Infantino de retirer le projet FFE, la qualifiant de « sage » dans un communiqué officiel. Son président, Véron Mosengo-Omba, élu en mai 2026, a réaffirmé le « plein soutien » de la RDC au-delà de 2027. Il a rappelé les mandats renouvelés à Paris en 2019 et à Kigali en 2023, preuve de la constance de l’engagement congolais.
« La Fecofa a grandement bénéficié des programmes de la FIFA, notamment en matière d’infrastructures et de développement », a déclaré Mosengo-Omba. Cette déclaration intervient alors que la RDC sort d’une période d’incertitude, marquée par la démission de Constant Omari Selemani en 2021 et la mise sous tutelle de la FIFA en 2023. Le soutien à Infantino est donc aussi un gage de stabilité pour le football congolais.
Un front africain quasi unanime
La Confédération africaine de football (CAF) a confirmé à l’unanimité son soutien à Infantino. Cinq des sept pays africains siégeant au Conseil de la FIFA – Égypte, Maroc, Niger, Mauritanie et Comores – l’ont déjà soutenu publiquement. Le Maroc, qui abrite le bureau régional africain de la FIFA et co-organisera la Coupe du monde 2030, a été particulièrement actif.
Le président de la Fédération marocaine, Fouzi Lekjaa, a qualifié la décision d’Infantino de « sage ». En Égypte, siège de la CAF, le soutien est également solide, porté par Hany Abo Rida, membre influent du Conseil de la FIFA. Le Nigeria, éligible à un financement de 8 millions de dollars via Forward, mise sur la rénovation de son centre technique à Abuja.
Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a résumé le sentiment général sur X : « L’Afrique devrait se montrer prudente avant de se joindre au lynchage public d’Infantino. Il a beaucoup apporté au football africain. »
Des voix discordantes, mais minoritaires
Tous les Africains ne partagent pas cet enthousiasme. L’ancien président de la Fédération de Sierra Leone, Isha Johansen, a mis en garde contre une sur-commercialisation du football. « Quel prix faut-il payer pour parvenir à ce développement accru du football en Afrique ? », s’est-il interrogé.
Mais ces voix restent isolées. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a qualifié Infantino de « bon ami » et de « loyal envers l’Afrique ». « Quand on vous a été loyal, on ne vous poignarde jamais dans le dos », a-t-il déclaré le 22 juillet.
FAQ : Ce qu’il faut retenir
Pourquoi la RDC soutient-elle Gianni Infantino ?
La Fecofa estime que le programme Forward de la FIFA a apporté des investissements concrets au football congolais, notamment en infrastructures et en développement. Le soutien à Infantino est aussi un choix de stabilité institutionnelle.
Qu’est-ce que le programme Forward de la FIFA ?
Lancé en 2016, ce dispositif de financement permet aux fédérations africaines de bénéficier de fonds pour des projets de développement, sans dépendre uniquement des budgets gouvernementaux souvent limités.
Le projet FFE est-il définitivement abandonné ?
Oui. Infantino a retiré la proposition controversée de vente de parts des compétitions mondiales à des investisseurs privés, face à l’opposition de plusieurs instances régionales. Cette décision a été saluée par les fédérations africaines.
Conclusion : Un leadership qui rassure
Le soutien africain à Gianni Infantino n’est pas un simple réflexe de solidarité. C’est le fruit d’une décennie d’investissements concrets qui ont transformé le football sur le continent. La RDC, en première ligne, montre que la souveraineté sportive passe aussi par des alliances stratégiques avec des institutions qui respectent les réalités du Sud global. Face aux manipulations médiatiques et aux tentatives de déstabilisation, l’Afrique reste unie.
Photo : BBC