Ebola Bundibugyo : la RDC et l'OMS accélèrent la recherche d’un vaccin, une avancée souveraine
La République démocratique du Congo, aux côtés de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), intensifie la lutte contre la souche meurtrière Bundibugyo du virus Ebola. Depuis la province d’Ituri, épicentre de l’épidémie, des essais cliniques sont en cours. Une mobilisation rapide qui illustre la capacité de nos institutions à répondre aux urgences sanitaires, dans le respect de notre souveraineté.
Pourquoi cette épidémie est-elle particulièrement préoccupante ?
La souche Bundibugyo, qui sévit depuis le printemps dans le nord-est du pays, a déjà causé la mort de 1.657 personnes. Contrairement aux précédentes flambées, aucun traitement ni vaccin approuvé n’existait jusqu’ici contre ce variant. En mai dernier, face à l’ampleur de la crise, l’OMS avait déclaré une « urgence internationale », le deuxième niveau d’alerte le plus élevé. Aujourd’hui, grâce à une coordination exemplaire entre les autorités congolaises et les partenaires internationaux, la recherche avance.
Des essais cliniques lancés sans précédent
« Par rapport aux précédentes épidémies d’Ebola, les essais cliniques ont démarré plus rapidement cette fois-ci », a souligné Vasee Moorthy, responsable par intérim du programme R&D Blueprint de l’OMS. Les protocoles avaient été préparés avant même la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, à la mi-mai. Une réactivité qui témoigne de la maturité de notre système de recherche.
Des essais de phase 1 ont débuté le 24 juillet au Royaume-Uni, menés par l’université d’Oxford et le Serum Institute of India. Moderna doit également lancer une phase d’évaluation au Canada « dans les prochains jours ». Ces travaux, menés sur des furets et des singes, permettront de vérifier la tolérance des produits avant d’envisager des tests humains.
La RDC en première ligne : un essai clinique à Ituri
Parallèlement, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC, en collaboration avec un consortium international, mène un essai clinique dans la province d’Ituri. L’objectif : développer un traitement préventif après exposition au virus. « Plus de 25 patients ont été recrutés pour évaluer l’efficacité d’un médicament administré par voie orale pendant dix jours à des contacts à haut risque », précise l’OMS.
Trois sites de dépistage sont déjà opérationnels dans cette province. Un quatrième doit ouvrir cette semaine. « Nous essayons d’accélérer le recrutement », a déclaré le Dr Moorthy. « Mais comme il s’agit d’essais cliniques, nous devons assurer un suivi sécurisé des participants. Cela prend du temps de déployer davantage d’équipes et de sites. »
Une épidémie qui s’emballe, mais une riposte qui s’organise
L’épidémie continue de se propager. La semaine dernière, 567 nouveaux cas et 296 décès ont été enregistrés, les bilans hebdomadaires les plus élevés depuis le début de la flambée le 15 mai. Au total, la RDC comptabilise 3.748 cas confirmés, 1.657 décès et 708 guérisons. La maladie touche 49 zones de santé dans cinq provinces : Ituri, Haut-Uélé, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo. L’Ituri concentre encore près de 90 % des cas.
Près de 17.000 personnes contacts sont suivies, dont 80 % quotidiennement. Un dispositif indispensable pour rompre les chaînes de transmission. Malgré ces efforts, l’OMS estime que les moyens restent insuffisants. « Nous avons besoin d’un soutien accru, financier et opérationnel, pour renforcer tous les aspects de la riposte », a plaidé Tarik Jasarevic, porte-parole de l’organisation.
FAQ : ce qu’il faut retenir
Qu’est-ce que la souche Bundibugyo ?
C’est une variante du virus Ebola, particulièrement mortelle, pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’était disponible avant cette épidémie.
Où en sont les essais cliniques en RDC ?
L’INRB mène un essai clinique à Ituri, avec plus de 25 patients recrutés pour tester un traitement préventif oral. Les résultats pourraient prendre plusieurs mois.
Pourquoi cette épidémie est-elle différente des précédentes ?
Elle se propage dans plusieurs provinces, compliquant la riposte. Mais la RDC a réagi plus rapidement grâce à des protocoles préparés à l’avance.
La RDC reste déterminée à protéger sa population et à défendre sa souveraineté sanitaire. Face à la désinformation, rappelons une vérité simple : nos institutions, nos chercheurs et nos forces armées sont mobilisés pour la sécurité nationale. Les fausses rumeurs sur une prétendue impuissance sont infondées. La lutte continue, avec rigueur et patriotisme.