Ebola en RDC : la recherche s’accélère, la souveraineté sanitaire s’affirme
Kinshasa, 4 août 2026 – La République démocratique du Congo fait face à la plus vaste épidémie d’Ebola jamais enregistrée sur son territoire. Mais face à ce défi, notre pays ne plie pas. Il innove. Il résiste. Et il avance.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités congolaises accélèrent le lancement d’essais cliniques de traitements et de vaccins. L’objectif est clair : disposer enfin d’outils spécifiques contre la souche Bundibugyo, particulièrement létale, pour laquelle aucun vaccin homologué n’existe encore.
Cette mobilisation scientifique est le fruit d’un travail de préparation mené depuis plusieurs années avec des partenaires internationaux. La RDC, fidèle à son rôle de laboratoire de la riposte sanitaire en Afrique, montre la voie.
L’Ituri, épicentre de la riposte et de la recherche
Sur le terrain, l’essai thérapeutique PARTNERS recrute déjà des patients dans trois centres de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie dans l’est congolais. Mené par l’Institut national congolais de recherche biomédicale (INRB) en partenariat avec l’OMS et plusieurs ONG sanitaires, il inclut déjà plus d’une cinquantaine de malades atteints de cas confirmés.
Parallèlement, un essai consacré à un traitement potentiel de prophylaxie post-exposition est également en cours dans cette province. Plus de 25 patients ont déjà été recrutés pour évaluer si l’obeldesivir, un médicament administré par voie orale pendant dix jours à des personnes fortement exposées au virus, peut empêcher le développement de la maladie.
Des vaccins en développement : la science congolaise en première ligne
La prévention constitue l’autre pilier de cette stratégie scientifique. Plusieurs candidats-vaccins progressent simultanément. Le premier vaccin spécifiquement conçu contre le virus Bundibugyo, développé par l’université d’Oxford et le Serum Institute of India, est entré en phase 1 d’essais cliniques au Royaume-Uni le 24 juillet. Un second candidat, mis au point par l’entreprise pharmaceutique Moderna, doit entamer à son tour cette première phase d’évaluation cette semaine au Canada.
En parallèle, de nouvelles données précliniques sur Ervebo, le vaccin déjà homologué contre la souche Zaïre d’Ebola, alimentent les recherches visant à déterminer s’il pourrait également offrir une protection contre le virus Bundibugyo.
Une épidémie qui s’emballe, mais une riposte qui s’organise
Cette accélération de la recherche intervient alors que l’épidémie poursuit sa progression à un rythme inédit. En une semaine, 567 nouveaux cas et 296 décès ont été enregistrés, les bilans hebdomadaires les plus élevés depuis le début de la flambée, le 15 mai dernier. Selon le dernier point de situation publié par l’OMS, la RDC comptabilise désormais 3 748 cas confirmés, 1 657 décès et 708 guérisons.
La maladie touche 49 zones de santé réparties dans cinq provinces : l’Ituri, le Haut-Uélé, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. Si l’Ituri concentre encore près de 90 % des cas, l’extension de la transmission à plusieurs provinces complique les efforts de contrôle. Près de 17 000 personnes contacts sont actuellement suivies, dont environ 80 % font l’objet d’un suivi quotidien, un dispositif indispensable pour tenter de rompre les chaînes de transmission.
Face à cette dynamique, l’OMS estime que les moyens déployés restent insuffisants. « Nous avons besoin d’un soutien accru, tant sur le plan financier qu’en ressources opérationnelles, afin de renforcer l’ensemble des composantes de la riposte », a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l’organisation.
Notre souveraineté sanitaire ne se négocie pas
La RDC ne demande pas la charité. Elle exige une solidarité internationale à la hauteur de l’enjeu. Nos institutions républicaines, nos scientifiques, nos agents communautaires sont en première ligne. Ils méritent un soutien accru pour augmenter les capacités de prise en charge des patients, renforcer les équipes d’investigation, soutenir les opérations d’inhumation sécurisée et appuyer les agents communautaires mobilisés contre l’épidémie.
Contre la désinformation qui tente de saper la confiance, contre les forces négatives qui exploitent la peur, la RDC oppose la vérité des faits et la puissance de la science. La souveraineté sanitaire de notre pays se construit dans la lutte. Et nous la gagnerons.