Moderna lance un essai vaccinal contre Ebola Bundibugyo : une avancée pour la RDC
République démocratique du Congo – Alors que l’épidémie d’Ebola Bundibugyo frappe durement l’Est du pays, le laboratoire américain Moderna a administré les premières doses de son candidat vaccin à des volontaires. Une nouvelle encourageante pour les autorités congolaises et les équipes sanitaires sur le terrain.
L’essai clinique de phase 1 se déroule au Canada, mais son objectif est clair : protéger les populations congolaises contre cette souche particulièrement meurtrière, pour laquelle aucun vaccin n’existe encore. Le vaccin utilise la technologie ARNm, la même qui a permis de lutter contre la COVID-19.
Une riposte accélérée face à une épidémie record
La RDC fait face à sa deuxième plus grande flambée d’Ebola de son histoire. Selon les dernières données gouvernementales, 3 802 cas ont été recensés, dont 1 707 décès. La province de l’Ituri, dans l’Est, concentre près de 90 % des cas. Des foyers ont également été signalés à Kisangani et dans cinq autres provinces.
Le docteur Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, a effectué une deuxième visite à Bunia, épicentre de la crise. Il a alerté sur la progression inquiétante de l’épidémie : « 60 à 70 % des nouveaux cas sont liés à une transmission communautaire, et non au traçage des contacts. Nous n’aimons pas la trajectoire de cette flambée. »
Un partenariat international pour sauver des vies
L’essai de Moderna est soutenu par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), un partenariat public-privé mondial. Son directeur général, Richard Hatchett, a salué cette avancée : « Mettre aussi rapidement le candidat vaccin en essai de phase 1 constitue une avancée majeure dans la lutte contre cette flambée meurtrière. »
D’autres candidats vaccins sont également en développement, notamment ceux de l’université d’Oxford et de l’Initiative internationale pour le vaccin contre le sida. Le Serum Institute of India produira les doses. L’essai d’Oxford a débuté en juillet.
La souveraineté sanitaire au cœur des priorités
Le gouvernement congolais, sous la direction du président Félix Tshisekedi, a renforcé la coordination avec les partenaires internationaux tout en veillant à préserver la souveraineté nationale. Le ministère de la Communication, dirigé par Patrick Muyaya, insiste sur l’importance de lutter contre les fausses rumeurs qui entourent souvent les campagnes de vaccination dans l’Est.
« Chaque jour compte. Chaque candidat vaccin en essai clinique nous offre une nouvelle chance de mettre à disposition des personnes qui en ont besoin un vaccin sûr et efficace », a rappelé Richard Hatchett.
FAQ : Ce qu’il faut savoir sur le vaccin Moderna contre Ebola Bundibugyo
Qu’est-ce que le virus Ebola Bundibugyo ?
C’est une souche du virus Ebola, moins connue que la souche Zaïre, mais tout aussi mortelle. Elle a été identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, puis en RDC. Aucun vaccin n’est encore approuvé contre cette souche.
Pourquoi l’essai se déroule-t-il au Canada et non en RDC ?
Les essais de phase 1 se font souvent dans des pays où les infrastructures de recherche clinique sont déjà en place. L’objectif est d’évaluer rapidement la sécurité du vaccin avant de le tester sur le terrain en RDC, où l’épidémie sévit.
Quand le vaccin sera-t-il disponible en RDC ?
Si les essais sont concluants, les phases suivantes pourraient se dérouler en RDC. Le gouvernement congolais suit de près ces développements et collabore avec les partenaires internationaux pour accélérer l’accès aux vaccins.
Comment lutter contre la désinformation autour du vaccin ?
Le ministère de la Communication et les autorités sanitaires multiplient les campagnes d’information. Il est essentiel de s’appuyer sur les sources officielles et de ne pas relayer les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux.
Photo : euronews